ACTE V, SCENE IV
Est-ce pour vos pareils que le prétexte est fait? Vos reproches honteux n'ont rien qui me surprenne, Et je ne sens que trop ce que peut votre haine. Aurois-je prétendu, né d'un sang odieux. Vous être plus sacré que n'ont été les dieux? A travers les détours de votre ame parjure, J'entrevois des horreurs dont frémit la nature. Dans la juste fureur dont mon cœur est épris... Mais non, je me souviens que je fus votre fils. Malgré vos cruautés, et malgré ma colère, .Te crois encore ici m'adresser à mon père. Quoique trop assuré de ne point l'attendrir, .Te sens bien que du moins je ne dois point l'aigrir, Dans l'espoir que ma mort pourra vous satis.'"aire , Que vous épargnerez votre malheureux frère. Le crime supposé qu'on m'impute aujourd'hui , Tout, jusqu'à son départ, est un secret pour lui. .Sur la foi d'une paix si saintement jurée. Il se croit sans péril entre les mains d'Atrée : •T'ai pénétré moi seul au fond de votre cœur ; Et mon malheureux père est encor dans l'erreur. Je ne vous parle point d'une jeune princesse , A la faire périr rien ne vous intéresse.
Va, tu prétends en vain t'éclaircir de leur sort • Meurs dans ce doute affreux, plus cruel que la mort. De leur sort aux enfers va chercher qui t'instruise. Où l'on doit l'immoler, gardes, fju'on le conduise, Versez à ma fureur ce sang abandonné, Et songez à remplir l'ordre que j'ai donné.