‹ Œuvres de CrébillonChapitre 112 sur 502 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

ATRÉE, THTESTE, gardes.

A T R É E , bas, Tliyeste vient; feignons ; il semble, à sa tristesse. Que de son sort affreux quelque soupçon le presse.

(haut.) Clier Thyeste, approchez : d oîx naît cette frayeur? Quel déplaisir si prompt peut troubler votre cœur? Tous paroissez saisi d'une douleur secrète, Et ne me montrez plus cette ame satisfaite Qui sembloit respirer la douceur de la paix : IVe seroit-elle plus vos plus tendres souhaits? Quoi! de quelques soupçons votre ame est -elle

atteinte?

Ce jour, cet heureux jour est-il fait pour la crainte? Mon frère , vous devez la bannir désormais ; La coupe va bientôt nous unir pour jamais. Goùtez-vous la douceur d'une paix si parfaite? Et la souhaitez-vous comme je la souhaite? ]N''ètes-vous pas sensible à ce rare bonheur?

THYESTE

Qui? moi VOUS soupçonner, ou vous haïr, seigneur? Les dieux m'en sont témoins , ces dieux qu'ici

j'atteste, Qui lisent mieux que vous dans l'ame de Thveste, ]Ne vous offensez point d'une vaine terreur Qui semble, malgré moi , s'emparer de mon cœur : ■Te le sens agité d'une douleur mortelle-; Ma Constance succombe ; en vain je la rappelle ; Eî . depuis un moment , mon esprit abaltu Laisse d'un poids honteux accabler sa vertu. C ependa nt , près de vous , un j e ne sais quel charme Suspend dans ce moment le trouble qui m'alarme.

i52 ATHÉE ET TH TESTE.

Pour rassurer encor mes timides espiits , ' Rendez-moi mes enfauts, laites venir mon fils; Qu'il puisse être témoin d'une union si chère, Et partager, seigneur, les bontés de mon frère.

Vous serez satis'"ait, Thyeste ; et votre fils

Pour jamais eu ces lieux va vous être remis.

Oui, monfrere, iln'estplusquelaParqueinliumaine

Qui puisse séparer Thyeste de Plisthene.

Vous le verrez bientôt ; un ordre de ma part

Le fait de ce palais hâter votre départ.

Pour donner de ma foi des preuves plus certaines,

Je veux vous renvoyer dès ce jour à Mycenes.

Malgré ce que je fais , peu sur de cette foi ,

Je vois que votre cœur s'alarme auprès de moi.

J'avois cru cependant qu'une pleine assurance

Devoit suivre...

THYESTE

Ah ! seigneur , ce reproche m'offense.

A. T R É E , à lia garde.

Qu'on cherche la princesse ; allez , et qu'en ces lieux Plisthene, sans tarder, se présente à ses yeux. Il faut...

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