É R IXE N E
Que m'importent , cruel , les vains regrets du cœur, Après que votre maiu a servi sa fureur.-*
IDAMANTE.
J'ai suivi mon devoir, madame : et sa défaite
Importoit à mes soins, importoit à la Crète.
La sûreté du prince ordonna ce trépas ;
Et , pour comble de maux , j 'ignorois vos appas.
Mérion a rendu sa perte légitime ;
Sa mort , sans mon amour, ne seroit pas un crime.
É RIXE ÎT E.
Cest-à-dire, seigneur, qu'il mérita sou sort. Sans vouloir démêler les causes de sa mort. Si de ces tristes lieux le funeste héritage Du superbe Minos dut être le partage, Si mon père, sorti du sang de tant de rois, D'Idoménée enfin a dû subir les lois, Quel espoir a nourri cet amour qui m'outrage.-* Et pourquoi m'en offrir un imprudent hommage? Vainqueur de Mérion , fils de son assassin, La source de mes pleurs s'ouvrit par votre main. Est-ce pour les tarir que vos feux se déclarent? Songez-vous que ces pleurs pour jamais nous séparent ?
Sous le poids de vos fers, je n'arrive en ces lieux Que pour y recevoir les plus tristes adieux. Mérion expiroit; sa tremblante paupière A peine lui laissoit un reste de lumière; Son sang couloit encore , et couloit par vos conpa : Barbare, en cet état, me parloit-il pour vous? Qu'il m'est doux de vous voir brûler pour Erixcne !