ACTE III, SCENE ir
Si je vons laissois voir ju!>qa'an fond de mon ame, Totre cœur excité par l'exemple du miea Détesteroit bientôt un indigne lien; D'un cœur, que malgré lui l'amour a pu séduire , Il apprendroit du moins comme un grand cceur
soupire.
Tous y verriez Tamour, esclave du devoir, Languir parmi les pleurs, sans force et sans pouvoir. Occupé, comme moi, d'un soin plus légitime. Faites-vous des vertus de votre propre crime. Du sort qui me poursuit pour détourner les coups, Non, je n'ai plus ici d'autre frère que vous. Mon frère est mort, c'est vous qui devez me le
rendre.
Vous qu'un serment affreux engage à me défendre. Ah, cruel I cette main, si vous m'abandonnez, Va trancher à vos yeux mes jours infortunés.
Moi , vous abandonner ! ah ! quelle ame endurcie Par des pleurs si touchants ne seroit adoucie ! Moi , vous abandonner I plutôt mourir cent fois : Jugez mieux d'un ami dont Oreste fit choix. Je conçois , quand je vois les yeux de ma princesse , Jusqu'où peut d'un amant s'étendre la foiblesse ; Mais quand je vois vos pleurs, je conçois encor
mieux Ce que peut le devoir sur un «oeur vertueux. Pourvu que votre haine épargne Iphiauasse , Il n'est rien que pour vous ne tente mon audace. Je ne sais, mais je sens qu'à l'aspect de ces lieux Egisihe à chaque instant me devient odieux.
ELECTRE
A l'ardeur dont enfin ma haine est secondée , A ce noble transport, je recounois Tvdée. Malgré tous mes malheurs, que ce moment m'est doux !
i9« ELECTRE.
Je pourrai donc venger... Mais quelqu'un vient à
uuus ; Il faut que je vous quitte, on pourroit nous sur-"
prendre.
En secret chez Arcas, seigneur, daignez vous rendre! Seul espoir que le ciel m'ait laissé dans mes niaux^ Courez, en me vengeant, signaler un héros. Pour peu qu'à ma douleur votre cœur s'intéresse;