‹ Œuvres de CrébillonChapitre 145 sur 502 · ACTE III, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE IV

Electre a souhaité s'en instruire par moi ; Mou cœur, toujours sensible au sort des misérables , ^'a pu, sans s'attendrir à ses maux déplorables, Apres le coup affreux qui vient de la frapper...

IPHIXJfASSE.

N'est-il que sa douleur qui vous doive occuper? Cen'estpasque moncœurveuillevous faire uncrim* D'un soin que ses malheurs rendent si légitime; Mais, seigneur, je ne sais si ce soin généreux A dû seul vous toucher , quand tout llatte vos vœux.

Non, des bontés du roi mon ame enorgueillie Ne se méconnoit point, quand lui-même il s'oubliet S'il descend jusqu'à moi pour le choix d'un époux. Mon respect me défend l'espoir d'un bien si doux; Et telle est de mon sort la rigueur iniinie. Que, lorsqu'à mon destin vous devez être unie, Votre rang, ma naissance, un barbare devoir. Tout défend à mon cœur un si charmant espoir.

IPHIAÎfASSE.

.Te comprends la rigueur d'un devoir si barbare, Et conçois mieux que vous tout ce qui nous sépare: Plus que vous ne voulez j'entrevois vos raisons. Si ma fierté pouvoit descendre à des soupçons... Mais non, sur votre amour que rien ne vous contraigne; Je ne vois rien en lui que mon cœur ne dédaigne. Cependant à mes yeux, fier de cet attentat, Gardez-vous pour jamais de montrer un ingrat.

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