SCENE VI
PALAMEDE, TYDÉE.
Que vois-jc? justes dieux!
O sort , à tes rigueurs quelle douceur succède î O mon perc, est-ce vous.' est-ce vous, Palamede?
PALAMEDE.
Embrassez-moi, mon fils; après tant de malheurs', Qu'il m'est doux de revoir l'objet de tant de pleurs !
TYDÉE
S'il est vrai que lesbiensqui nous coûtent des larmes Doivent pour un cœur tendre avoir le plus de
charmes.
Hélas ! après les pleurs que j'ai versés pour vous , Que cet heureux instant me doit être bien doux! Ah! seigneur, qui m'eût dit qu'au moment qu'un
oracle Semhloit mettre à mes voeux un éternel obstacle, Palamede à mes yeux s'offriroit aujourd'hui , Malgré le sort affreux dont j'ai tremblé pour lui ? Est-ce ainsi que des dieux la suprême sagesse Doit braver des mortels la crédule foiblesse.' Mais puisqu'eufin ici j'ai pu vous retrouver. Je vois bien que le ciel ne veut que m'éprouver ; Qu'avec vous sa bonté va désormais me rendre \n ami qu'avec vous je n'osois plus attendre. Mais vous versez des pleurs 1 Ah ! n'est-ce que pour
lui Queles dieux sans détours s'expliquent aujourd'hui.'
PA t, A M E n E,
Waccusons point des dieux la sagesse suprême;