‹ Œuvres de CrébillonChapitre 154 sur 502 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

ELECTRE, PALAMEDE, ORESTE,

O R E STE

Vous revoyez, ma sœur, cet ami si fidèle

Dont uos malheurs, les temps, n'ont pu lasser le zèle.

É L E c T R E , à Pnlamede.

Qu'avec plaisir, seijTueur, je revois aujourd'hui U'un sang lufortune le géuéreux appui ! Ne §oyez point surpris ; attendri par mes larmes, Mou Irere a dissipé mes mortelles alarmes : Pe cet heureux secret mon cœur est éclairci.

TALAMEUF.

Je rends grâces au ciel qui vous rejoint ici. Oreste m'est témoin avec quelle tendresse J'ai déploré le s<>rt d'une illustre princesse , Avec combien d'ardeur j'ai toujours souhaité Le bienheureux instant de Vf)tre liberté. Je vous rassemble enfin, famille infortunée, A des malheurs si grands trop long -temps condamnée :

Qu'il m'est doux de vous voir où régnoit autrefois Ce père vertueux , ce chef de tant de rois , Que fit périr le sort trop jaloux de sa gloire .' O jour, que tout ici raj)pelle à ma mémoire, Jour cruel, qu'ont suivi taat de jours malhenreux, Lieux terribles, témoins d'un parricide affreux. Retracez-nous sans cesse un spectacle si triste ! Oreste, c'est ici que le barbare Egisthe, Ce loonstre détesté, souillé de tant d'horreurs , Immola votre père à ses noires fureurs. Là, plus cruelle encor, pleine des Euménides, Son épouse sur lui porta ses mains perfides ; C'est ici que, sans force et baigné dans son sang, Il fpt long-temps traîné le couteau dans le flanc j

Page 1