‹ Œuvres de CrébillonChapitre 156 sur 502 · ACTE IV, SCENE IV. 2i · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE IV. 2i

PALAMEDE.

Madame, pardonnez.

J'ai peut-être à vos yeux poussé trop loin mon zèle ; INlais tel est de mon cœur l'empressemeut lidele. Je ne hais point Itys; et sa Jîere valeur Pourra seule aujourd'hui faire tout son malheur. Oreste est généreux; il peut lui faire grâce, .T'y consens : mais d'itys vous connoissez l'audace ; Il défendra le sang qu'on va faire couler; Cependant il nous faut périr ou l'immoler; Et ce n'est qu'aux autels qu'avec quelque avantag« On peut jusqu'au tyran espérer un passage ; La garde qui le suit, trop forte en ce palais, Rend le combat douteu:^, encor plus le succès, Puisque votre ennemi pourroit encor sans peine, Quoique vaincu, sauver ses jours de votre haine : Mais ailleurs , malgré lui par la foule pressé, Vous le verrez bientôt à vos pieds renversé.

Venez, seigneur, venez; si l'amour est un crime. Vous verrez que mon cœur en est seul la victime ; Qu'il peut bien quelquefois toucher les malheureux. Mais qu'il t!t sans pouvoir sur les cœurs généreux.

Il est vrai , j'ai tout craint du feu qui vous anime , Mais j'ai tout espéré d'un cœur si magnanime ; Et je connois trop bien le sang d'Agamemnon Pour soupçonner quOreste en démente le nom. JVlon cœur, quoiqu'alarmé des sentiments du vôtre, N'en présumoit pas moins et de l'un et de l'autre. Si de votre vertu ce cœur a pu douter. Mes soupçons n'ont servi qu'à la faire éclater. Mais, pour mieux signaler ce que j'en dois attendre, Après moi chez Arcas, seigneur, daignez vous rendre: Vous me verrez bientôt expirer à vos yeux, Ou venger d'un cruel, vous, Electre, et les dieux.

2i4 ÉLFCTRE.

S C E iN E V.

ORESÏE, ELECTRE.

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