‹ Œuvres de CrébillonChapitre 17 sur 502 · É RIXE NE · texte numérisé non relu

É RIXE NE

Tout reproche à mon cœnr le feu qui le dévore ; Je respire un aiuour que ma raison abhorre. De mon père en ces lieux j'ose trahir le sang ; De mon père immolé je viens rouvrir le flanc ; A la main des bourreaux je joins ma main sanglante; Eo&n ce cœur si fier briile pour Idamante.

Vainqueur de votre père...

Ismene, ce vainqueur Sut sans aucun effort se soumettre mon cœur, .le me déiîois peu de la main qui m'enchaîne, Ayant tant de sujets de vengeance et de haine. Ni quTdamante en dût interrompre le cours. Avec tant de raisons de le haïr toujours. Comptant sur ma douleur, ma fierté, ma colère. Et, pour tout dire enfin, sur le sang de mon père; Et mon père en mes bras ne faisoit qu'expirer, Lorsqu'un autre que lui me faisoit soupirer. A dfS yeux encor pleins d'un spectacle effroyable)^ Idamante parut, et parut trop aimable.

Aujourd'hui même encor l'amour a prévalu : .Vallois céder, Ismene, ou peu s'en est fallu. Quand le prince m'a fait le récit de sa flamme. Il entrainoit mon cœur, il séduisoit mou ame : " Déjà ce foible coeur, d'accord avec le sien , Lui pardonnoit un feu qu'autorise le mien. Des pleurs que j'ai versés prête à lui faire grâce , Mon amour m.allioit aux crimes de sa race : Près de ce prince, enfin, mon esprit combattu, Sans un peu de fierté , me laissoit sans vertu ; Et lorsque ma raison a rappelé ma gloire. Dans le fond de mon cœur j'ai pleuré ma victoire.

"Votre cœur sans regret ne peut donc triompher

t^i IDOMÉNÉE.

D'un feu qu'en sa naissance il falloit étouffer? Ah! du moins, s'il n'en peut domter la violence, Faites à vos transports succéder le silence.

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