ACTE II, SCENE I
Arrivé, mais trop tard, vers les murs d'Artaxatc , Daiis le juste dessein de venger Mithridate , Ce mèine Corbulou, armé pour m'accahler, Conserva rennemi qu'il venoit immoler.
De mon funeste sort touché sans me connoître, Ou de quelque valeur que j'avojs fait paroitre, Ce ilomaiu, par des soins dignes de son grand cœur, Me sauva, malgré moi , de ma propre fureur. Sensible à sa vertu, mais sans reconnoissance, .Te lui cachai long-temps mon nom et ma naissance; Traînant avec horreur mon destin malheureux, Toujours persécuté dun souvenir affreux.
Et , pour comble de maux , dans le fond de mon ame r.riilant plus que jamais d'une funeste flamme, Oue l'amour outragé, dans mon barbare cœur. Pour prix de mes forfaits, rallume avec fureur, Ilanimant, sans espoir, pour d'insensibles cendres De la plus vive ardeur les transports les jilus tendres. Ainsi dans les regrets, les remords, et l'amour, Craignant également et la nuit et le jour, .l'ai traîné dans l'Asie une vie importune. Mais au seul Corbulon attachant ma fortune, Avide de périls, et, par un triste sort, Trouvant toujours la gloire où j'ai cherché la mort, L'esprit sans souvenir de ma grandeur pjtssée. Lorsque dix ans sembloient l'en avoir effacée , .7'apprends que l'Arménie, après différents choix, Alloil bientôt passer sous d'odieuses lois. Que mon père , en secret méditant sa conquête , D'un nouveau diadème alloit ceindre sa tète. Je sentis à ce bruit ma gloire et mou courroux Réveiller dans mon cœur des sentiments jaionx. Enfin à Corbulon je me fis reconnoitre ; Contre un père inhumain trop irrité peut-être, A mon tour en secret jaloux de sa grandeur , Je me fis des Romains nommer l'ambassadeur.
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26 ^lHADAMISTIIE ET ZÉNOBIE.