ACTE II, SCENE IX. gî
Voyez de vos soupçons jusqu'où va l'injasiice : Je vous i'ai dé^a dit, croyez que malgré moi J.' souscris aux bontés dint mhouore le roi , Que par mou mailicur seul je vous ravis l'empire. Ah ! seigneur, ce n'est pas an trône que j'aspire. Mais ce n'est pas non plus à l'objet de vos vœux ; Je sais, trop respecter vos désirs et vos feux. Je sais que votre c«jeur soupire pour Rarsine, Qu'avec 1 l'gvpte encor le rot vous la destine. Ce n'est pas que l'objet dont mon cœur est charmé Mérite mr.#Qs. seigaeur,la glrore dèti'e aimé. Ce jour doit éclairer notre aujijuste hyménée ; Daiguez ne point troubler cette heureuse journée. Sans offenser l'ardeur dont vous êtes epris. Je crois, seigneur, pouvoir vous nommer Amestris.
Dieux cruels, jouissez d,u transport qui m'anime! C'en est fait, je seus biCn que j'ai besoin d'un crime. Perfide, plus que tous contre moi conjuré. Je puis donc désormais vous haïr ii mon gré I O ciel I lorsque j s crois, dans mon malheur extrême , Pouvoir du moins compter sur uu frère que j'aime, .Te viens, en imprudent, confier ma douleur Au Tatal ennemi qui me perce le ccuur I
ARTA.XERCE.
ATi 1 c'est trop m'alarmer : expliquez-vous, de grâce. D'un si dur entretien mon amitié se lasse. Ou calmez les transports d'un injuste courroux. Ou, SI vous vous plaignez, du moins ixpliquéz-vons.
Cari v s.
Avec ce fer, qui fait le destin de la Perse, .Te SUIS prêt, sii le veut, d éclaircir Artaxerce. S'il est autant que moi blesse de vains discours , Toilà le sur moyen d'en terminer le cours; De l'amour outragé c'est l'interpreie unique ;
Entre rivaux da moins cent ainsi qu'on s'explique. Tant que vous oserez vous déclarer le mien, N'atteudez pas de moi de plus doux entretien.
ARTAXERCE
Vous , mon rival ? 6 ciel !
DARIUS
Mais un rival à craindre.
ARTAXKRCE.
Hélas î que je vous ])lains !
- DARIUS
Je ne suis point à'plaindre.
Plaindre un amant trahi , c'est s'avouer heureux. La pitié d'un rival u'est pas ce que je veux ; Ainsi que mon amour, ma fierté la dédaigne: Qui ne veut que hair ne veut pas qu'on le plaigne. Ce seroit sans danger faire des malheureux. Dès qu'il leur sufliroit qu'on s'attendrit pour eux. Pour moi, qui vois le but d'une pitié si vaine, Je ne veux plus de vous que fureur et que haine. L'amour qui vous attache à l'objet de mes vœux Du sang qui nous unit a rompu tous les nœuds. Dans l'état où je suis, opprimé par un père, Méprisé d'une amante, et trahi par un frore. Plus de leur amitié les soins me furent doux , Et plus leur perlldie excite mon courioux.
ARTAXERCE
Je pardonne aux malheurs dont le sort vous accable Un transport que l'amour rend encor moins coupable; Et plus vous m'outragez, plus je sens ma pitié D'un oubli généreux flatter mon amitié.
Qu'à mon exemple ici Darius se souvienne Qu' Artaxerce u'est pas indigne de la sienne : Mais s'il veut l'oublier, en s'adressaut à moi. Qu'il apprenne du moins qu'il s'adresse à son roî.