‹ Œuvres de CrébillonChapitre 257 sur 502 · ACTE III, SCENE Y II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE Y II

Qui? m 31 , traliir Xerxès ! moi , trouLler ses états! Ah ! ne me parlez plus de pareils attentats.

A RTAB A !?.

C'est mal interpréter le zèle qui me gnide.

DARIUS

Ce zèle, quel qu'il soit, ne peut qu'être perfide.

ARTAB a:^.

Seigneur, dès que le ciel vous fit naître mon roi...

DARIUS

Laissons là ce vain titre ; il n'est plus fait pour moi. Ce zèle est trop outré pour être exempt de piège ; Je ne puis estimer qui me veut sacrilège.

ARTA B Aîf.

Et moi , seigneur , et moi , charmé de vos vertus , J'admire Darius, et l'en aime encor plus. Je suis touché de voir un cœur si magnanime , Avec tant de raisons de recourir au crime. Conserver cependant pour son père et son roi, Malgré son injustice, une si tendre foi. Qae jeplains l'univers deperdre un si grand maître! Ahl seigneur, c'est ainsi qu'on est digne de l'être; C'est par des sentiments si grands, si généreux. Qu'on mérite en effet notre encens et nos vœux. Il n'est que Darius, seul semblable à lui-même. Qui puisse renoncer à la grandeur suprême, A l'éclat, aux honneurs d'une pompeuse cour , Et peut-être immoler jusques à son amour.

DARIUS

Ah , cruel Artaban ! quelle fnrear vous guide ! Et que prétend de moi votre adresse perfide ? Laissez-inoi mon respect, laissez-moi mes remords }. î^'excitez point contre eux de dangereux transports. .Te sens qu'au souvenir de ma chère princesse Tonte ma vertu cède à l'ardeur qui me presse. Pour conserver un bien qui fait tout mon bonheur. Il n'est rien qu'en ces lieux ne tente ma fureoi. CRÉBiLLox. 2. 10

,io XERXÈS.

S'il est vî ai que mon sort vous intéresse encore ,

Sur ce point seulement Darius vous implore.

A RTAB Aîf.

Eh bien ! seigneur , eli bien ! pour vous la conserver, iJe CCS lieux , s'il le faut, je la vais enlever. Te vous puis cepen<lant offrir une retraite Contre vos ennemis, sùre autant que secrète.

DARIUS

Ea quels lieux?

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