A RT A B A X
Seigneur, écoutez-moi, le cœur moins prévenu. .Te vois bien que le mien ne vous est pas connu j De vos cruels soupçons l'injuste défiance , Tos mépris pour Rarsine et pour mon alliance, Un roi que je pourrois nommer votre tyran, N'ont point cliangé pour vous le respect d'Artaban. Touché de vos vertus plus que de vos outrages. Mon coeur à vos mépris répond par des hommage.s. Heureux si, dans l'ardeur de me venger de vous, Ce cceur d'un vain honneur eût été moins jaloux ! C'est moi qui par mes soins ai porté votre père A parer de vos droits un fils qu'il vous préfère ; Mais , hélas ! qu'ai-je fait en y forçant son choix, Que priver l'univers du plus grand de sts rois? Je sens que contre vous un dessein si perfide
loS XERXÉS.
Est moins un attentat qu'un affreux parricide
Que ne sauroit jamais réparer ma tlouleur
Qu'eu signalant pour vous une juste fureur.
Ce discours, je le vois, a de quoi vous surprendre,
Et ce n'est pas de moi que vous deviez l'attendre :
Mais votre père en vain me comble de bienfaits
Lorsqu'il s'agit, seigneur, d'expier mes forfaits.
Dans la nécessité de me donner un maître,
J'en veux du moins prendre un qui soit digue de
l'être, Qui de nos ennemis sache percer le flanc. Et qui sache juger du prix de notre sang ; Non de ces foibles rois, dont la grandeur captive S'entoure de flatteurs dans une cour oisive, Mais un roi vertueux , connu par ses hauts faits , Tel enfin que le ciel vous offre à nos souhaits. Artaban désormais n'en reconnoît point d'autre : Il ne tiendra qu'à vous d'être bientôt le nôtre. Je vous offre, seigneur, mes trésors et mon bras: Faisons sur votre choix prononcer les soldats ; Vous verrez quel secours vous en pouvez attendre.
DARIUS
Quel étrange discours m'ose-t-on faire entendre ! Je n'ai que trop souffert ce coupable entretien. Artaban juge-t-il de mon cœur par le sien.'' •
S'il est assez ingrat, assez lâche, assez traître Pour oublier sitôt tous les bienfaits d'un maître Qui Ta de tant d'honneurs comblé jusqu'aujourd'hui , Il peut chercher ailleurs des ingrats tels que lui. Pour moi, soumis aux lois qu'impose la nature, Je me reproche même un frivole murmure : Je respecte en mon roi le maître des humains ; J'adore eu lui du ciel les décrets souverains , Dont les rois sont ici les seuls dépositaires. Et uon pas des sujets foibles et téméraires.