SCENE IV
DARIUS, seui.
Où vais-je, malheureux? et quel est mon espoir.' Qu'est devenu ce coeur si plein de son devojr.' Ouoi ! j'oàe violer le palais de mon père .' Moi qui me reprochois une plainte légère , Qui m'enorgueillissois d'une austère vertu , .Te me rends sans avoir seulement combattu ! D'amant infortuné devenu lils perfide, J'abandonne mon cœur an transport qui le guide ! Cest ainsi que , de nous disposant à son gré , L'amour sait de nos cœurs s'emparer par degré; Et d'appât en appât conduisant la actinie, II la fait à la lin passer de crime en crime. Lieux où je prétendois un jour entrer en roi , Où j'entre en malheureux qui viole sa foi , Puissent les soins cruels où mon amour m'engage Vous épargner encore un plus sanglant outrage I Je ue sais quel effroi vient ici me troubler, Mais je sens qu'un grand cœur peut quelquefois
trembler.
.Te combats vainement un trouble si funeste ; En vain je vais revoir le seul bien qui me reste ; Loin de pouvoir goûter un espoir si charmant,
lO.
ii4 XERXKS.
Je ne ressens rjn'liorrenr et qae saisissement.
Ce cœur, dans les hasai-ds, fameux par son audace,
S'alarme sans savoir quel péril le menace.
On vient...
AMESTRIS, DARIUS.
DARIUS
C'est Amestris: que dans son désespoir Mon triste cœur avoit besoin de la revoir ! Je vous revois enfin, mon aimable princesse; A votre aspect charmant toute ma ciainle cesse. Je me plaignois de vous; et mon cœur éperdu. Impatient, troublé d'avoir tant attendu, Vous accusoit déjà...
AM F s TRI s.
Si je m'en étois crue.
Vous ne jouiriez pas de ma funeste vue. Quel affreux confident vous êtes-vous choisi î Avec un tel secours que cherchez-vous ici ? A quoi destinez-vous des mains si criminelles.'' De tant damis, pour vous autrefois si fidèles, Ne vous reste-t-il plus que le seul Artaban, Ce ministre odieux des fureurs d'un tyran. De Ions vos ennemis le plus cruel peut-être. Caché sous des écueils familiers à ce traître? Contre de vains détours ce grand cœur affermi , Qui sait avec tant d'art surprendre un ennemi , Avec tant de valeur, si plein de prévoyance, A d^s amis de cour se livre sans prudence ! Je frémis chaque instant , chaque pas que je fais. Jusqu'au silence affreux qui règne en ce palais. Tout me remplit d'effroi; mille tristes présages Semblent m'offrir la mort sous d'horribles images. Tous ne la voyez pas , seigneur; votre grand cœur