ACTE IV, SCENE V. ii
S'est fait nn soin cruel d'en mépriser Ihorreur, Mais moi, de vos mépris instruite par les larmes Qu'arrachent de mon cœur mes secrètes alarmes, Je crois déjà vous voir, le couteau dans le tlanc, Expirer à mes pieds, noyé dans votre sang. Fuyez , éparg^nez-moi le terrible spectacle De vous voir dans mes bras égorger sans obstacle. Fuyez, ne souillez point d'un plus long attentat Ces lieux où vous devez n'entrer qu'avec éclat. Je vous dirai bien plus ; quoique je la respecte , Votre vertu commence à m'ètre ici suspecte. Allez m'attendre ailleurs; laissez à mou amour Le soin de vous rejoindre, et de fuir de la cour. Sur-tout, n'exposez plus une si chère vie.
' DARIUS
Ma princesse, eh ! comment voulez-vous que je fuie? r>e ce palais sacré j'ignore les détours ; Et , quand je les saurois , quel odieax recours î Dût le ciel irrité lancer sur moi la foudre , A vous abandonner rien ne peut me résoudre. C'est pour vous enlever de ces funestes lieux Qu'à mille affreux périls je ferme ici les veux, Dassé-je contre moi voir s'armer ma princesse , .l 'attendrai qu'Artaban me tienne sa promesse. Après ce qu'il a fait, et ce qu'il m'a promis, Nul soupçon de sa foi ne peut m'ètre permis.