‹ Œuvres de CrébillonChapitre 274 sur 502 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

A R T A B A N , seul.

JLiE soleil va bientôt d'ici chasser la nuit. Et de mon crime heureux éclairer tout le fruit. Darius est perdu ; sa tète infortunée Sous le couteau mortel va tomber condamnée. De ma fureur sur lui rejetant les horreurs. De la soif de sou sang j'ai rempli tous les cœurs : De leur amour pour lui je ne crains plus l'obstacle ; Sa tète, à ses sujets triste et nouve«iu spectacle, Ta me servir enfin dans ce jour éclatant De degré pour monter au trône qui m'attend. Il ne me res.te plus qu'à frapper Artaxerce : Il est si peu fameux, si peu cher à la Perse, Que parmi les frayeurs d'un peuple épouvanté A peine ce forfait me sera-t-il compté. A travers tant de joie un seul souci me reste ; C'est de mes attentats le complice funeste, Le lâche Tissapherne, indi2;ne d'être admis A l'honneur du forfait que ma main a commis. Je l'ai vu, dans le temps que mon cœur magnaaiin*- S'imraoloit sans frémir une illustre victime, Pâlir d'effroi, m'offrir d'une tremblante main Le secours égaré d'un vulgaire assassin ; On eût dit à le voir, dans ce moment terrible ^ Où le sang et les cris me rendoient inflexible,

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Considérer l'autel , la victime , et le lieu , Que sa itiain sacrileia^e àlloit frapper un dieu. Dès qu'à de tels forfaits l'ambition nous livre, Tout complice xm moment n'y doit jamais suryivre; (/est vouloir qu'un secret soit bientôt révélé : On complice, ou témoin, tout doit être immolé. Tandis qu'ici la nuit répand encor ses ombres, Précipitons le mien dans les royaumes sombres ; Il faut que de ce fer, teint d'un si noble sang. Pour prix de sa pitié je lui perce le flanc. Allons... ,

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