ACTE V, SCENE VII
De tant de noms fameux eu ce moment funeste Le nom de parricide est le seul qui me reste l Je me sens, à ce nom, agité de fureur. Ah ! cruel, s'il se peut, épargne-m'en l'horreur.
Ah! frère infortuné, plus cruel que moi-même!
Eh ! que puis-je pour toi dans ce malheur extrême ?
Est-ce moi qui t'ai seul chargé d'un crime affreux?
Ai-je prononcé seul un arrêt rigoureux?
Que n'ai-je point ici tenté pour ta défense?
.l'aurois de tout mon sang payé ton innocence;
Et, si je n'avois craint que d'un si noir forfait
Ma pitié ne m'eût fait soupçonner en secret,
J'aurois, pour conserver une tète si chère,
Trahi les lois , trahi jusqu'au sang de mon père.
Plains-toi , si tu le -veux, d'un devoir trop fatal ; '
Accuse-s-en le juge , et non pas le rival.
Quels que soient ses appas, quelque ardeur qui me
presse, Je te donne ma foi que jamais la princesse, Lihre par ton trépas d'obéir à la loi , Ne me verra tenter un cœur qui fut à toi. L'instant fatal approche : adieu , malheureux frère , Victime qu'à regret je dévoue à mon père ; Dans ces moments affreux, si ternhles pour toi, Victime cependant moins à plaindre que moi. Adieu: malgré les coups dont le destin t'accahie, Va mourir en héros , et non pas eu coupable.
DARIUS
Va, je n'ai pas besoin de conseils pour mourir. La mort, sans m'effrayer, à mes yeux peut s'offrir : C est le supplice, et non le trépas qui m'offense; C est de te voir, cruel , braver mon innocence, le plaire en ton erreur, chercher à t'abuser.
ARTAXERCE
Ingrat, qui veux-tu donc que je puisse accuser?
CP.r.BILLOX. 2. jjj
j3^ XEUXÈS.
Croirai-je qu'Aitaban, qui perd tout eu mon pexe, Ait portù sur son prince une main meurtrière . Ouel espoir sous mon règne auroit flatte son cœur, Moi qui ne V ai jamais pu voir qu avec horreur . Rien ne peut désormais retarder ton supplice.
D A. RI us.
tice
Et le ciel peut souffrir cette horrible injustJ ^ Ah! misérable honneur! malheureuse vertu. Hélas! que m'a servi d'en être revêtu.^ Quoi ' ie meurs accusé du meurtre de mon prre , Et, pour comble d'horreurs, condamné par mou
Allons -'c'est trop se plaindre, il faut remplir mou
sort , Et subir sans frémir la honte de ma mort. Adieu, chère Amestris : ne versez plus de larmes ; Contre cet inhumain ce sont de foibles armes ; Les cœurs ne sont plus faits ici pour s'attendrir. Il faut nous séparer, madame ; il faut mourir.
AMESTRIS.
Vous mourir! ah! seigneur, c'est en vain qu uu ùu.bare...
Otez-moi ces objets, gardes; qu'on les stpaic. <.