‹ Œuvres de CrébillonChapitre 293 sur 502 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

SÉMIRAMIS, TÉNÉSIS.

SÉMIRAMIS

.Te vois qu'on me ti-ahit , et je crains votre père, Mais sans le soup<:onner d'un odieux mystère ; Et quand luènie il auroit mérité mon courroux. Mou injuste rigueur n'iroit point jusqu'à vous.

Au grand cœur de Bélus rendez pins de justice ; Sa viTtu n'admet point un si noir artiiicc.

SÉMIRAMIS

C'est de cette yertu que je crains les transports. Bélus ne me tient point compte de mes remords. Quelque tendre amitié que m'inspire mou frère, Je crois toujours en lui voir un juge sévère , Dont les troublt-s cruels qui déchirent mon coeur Me font plus que jamais redouter la rigueur. De quel oeil verra-t-il une superbe reine Le front humilie d'une honteuse chaîne.^ Ninus, que de ta mort le ciel sest bien vengé.' Ma chère Ténésis, que mon cœur est changé! Cette Sémiramis si liere et si hautaine. Du sort de l'univers arbitre et souveraine. Rivale des héros dont on vante les faits, Qui de son sexe enfin n'avoit que les attraits. Vile esclave au milieu de la grandeur .suprrme, Maîtresse des humains, ne l'est plus d'elie-mêmc. .Te ne triomphe pas de tous mes ennemis. Qu'il en est que mon cœur voudroit avoir soumis ! Je vois que Ténésis, indignée et surprise ,

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