ACTE I. SCENE V. i5i
Condamne des tiausports que sa vertu incpn'se; JNlais de notre amitié les liens sont trop doux Pour me permettre encor quelques secret s pour tous. Je vous eu dis assez pour vous faire comprendre Tout ce que ma fierté craint de vous faire entendre.
T É W É SI s.
Je conçois aisément qu'une cruelle ardeur De vos jours maigre vous a trouble la douceur. Le reste est un secret que mon respect, madame. Me défend de chercher jusqu'au fond de votre arae. Votre défaite en vain me suppose un vainqueur; .l'ignore qui s'est pu soumettre un si grand cœur : Je n'ose le chercher dans la foule importune Qnattire sur vos pas votre auguste fortune ; .l'avois cru jusqu'ici que pour plaire à vos yeux Il falloit ou des rois , ou des enfants des dieux.
Et voilà ce qui met le trouble dans mon ame , Et qui me fait rougir d'une honteuse flamme. Agénor inconnu ne compte point d'aïeux, Pour me justifier d'un amour odieux.
T É N É SI s.
Agénor !
SÉMIRAMIS
Le voilà ce vainqueur redoutable.
Qu'un front sans ornement ne rend pas moins aimable, Plus terrible lui seul que tons mes ennemis, Et plus cruel pour moi que ceux qu'il m'a soumis. Ma raison s'arme en vain de quelques étincelles , Mon cœur semble grvossir le nombre des rebelles,
T k, ?( t SI s.
Madame , et quel dessein a-t-il donc pu former.^ En aimant Agénor, que prétend-il.-'
SÉMIRAMIS
L'aimer;
i5i SEMIRAMIS.
Et , si ce n'est assez, lui partager encore
Ua sceptre , qu'aussi-bien mon amour déshonore.
TÉ N K SI s.
Ali ciel ! et que dira l'univers étonné?
A quels soins ce grand cœur s'est-il abandonné?
SF. MIRAMIS.
J'ai fait taire ma gloire, et tu veux que je craigne Les discours importuns de ceux sur qui je règne! Téuésis, plût aux dieux que mon funeste amour IN'eùt d'autres ennenais à combattre en ce jour! Je braverois bientôt ce que dira l'Asie: Ce n'est pas là l'effroi dont mon ame est saisie. Qu'aux mortels indignés le ciel se joigne encor, De l'univers entier je ne crains qu'Agénor... C'est ce rebelle cœur que je voudrois soumettre, Et c'est ce que le mien n'oseroit se promettre. Des Medes aujourd'hui je l'ai déclaré roi : Mais je l'élcve en vain pour l'approcher de moi ; Eu vain, dans les transports de mon amour extrême, Sur son front dépouillé j'attache un diadème : Pour toucher ce héros, mes bienfaits superfins Echauffent sa valeur , et ne fout rien de plus. De taut d'amour, hélas! foible reconnoissance ! Ses exploits font encor toute ma récompense. Ténésis, c'est à toi que ma flamme a recours. Souffre que de tes soins j'implore le secours. C'est sur eux désormais que mou cœur se repose. Tu sais ce que pour moi notre amitié t'impose ; J'en exige aujourd'hui des efforts généreux...
Eh ! que puis-je pour vous qui réponde à vos voeu?; ?
s É MI R A M I s.
Il faut faire approuver mon amour à mon frère. Fléchir en sa faveur sa vertu trop austère. Retenir dans son cœur des lecous que je crains. Pour relever le mien tous reproches sont vains.