‹ Œuvres de CrébillonChapitre 298 sur 502 · ACTE II, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE I

Mais qa"ai-je à redouter? et qu'importe à mes feux Que la relue en courroux se déclare contre eux? Ct; n'est pas sous ses lois que le ciel m'a vu naître ; Et l'amour jusqu'ici n'a point connp de maître. J'avouerai cependant que l'éclat de ces lieux A plus ému mon cœur qu'il n'a frappé mes yeux. Je ne sais, mais l'aspect des murs de Babvlone M'a rempli tout-à-coup d'un trouble qui m'étoune. Quoi que m'inspire enfin leur rf?doutable aspect,. Ces lieux n'ont rien qui doive exciter mon respect : A la reine, en un mot, nul devoir ne m'engage ; Ses bienfaits, quels qu'ils soient, sont dus à mon

courage.

C'est assez que ce jour m'ait vu déclarer roi , Pour ne vouloir ici dépendre que de moi. Souffre que j'en excepte une princesse aimable. Qui soumit d'uu coup-d'œil un courage indomtable Qui peut-être auroit moins fait pour Sémiramis, Si le sort à mes yeux n'eût offert ïénésis. Mais je la vois; vers nous c'est elle qui s'avance. Laisse-moi seul ici jouir de sa présence : Prends garde cependant que la reine en ces lieux. Ne trouble un entretien qui m'est si précieux.

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