‹ Œuvres de CrébillonChapitre 297 sur 502 · MIRAME · texte numérisé non relu

MIRAME

Seigneur, vous n'êtes plus dans ces camps où vos pas N'avoient d'antres témoins que les yeux des soldats. Ajénot y voyoit Ténésis sans contrainte ; Le courtisan oisif n'y causoit nulle crainte; La reine , dont la guerre occupoit tous les jours , A vos amours d'ailleurs laii;soit un libre cours ': Mais c'est ici qu'il faut dans le fond de votre auie Renfermer les transports d'une indisci'cte flamme. Sémiramis, en proie à la plus vive ardeur. Laisse trop vbir le feu qui dévore son cœur , Pour oser vous flatter de tromper sa tendresse : Songez à quels périls vous li%'Tez la princesse.

J^ ne le sais que trop, et c'est le seul effroi Qui de tant de dan.^ers soit venxl jusqu'à moi; D'autant plus alarmé, que déjà las de feindre Mon cœur n'est point nourri dans l'art de se contraindre.

Mirame, tu connois jusqu'où va mon malheur , Et tu peux condamner l'excès de ma douleur. Dif^ux cruels , falloit-il prendre tant de veii,<^eance De i'ouWi d'un serment juré dans mon enfance.^

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