‹ Œuvres de CrébillonChapitre 305 sur 502 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

RELUS, MADATE.

AT BÉLCS.

JM A D A T E , c en est fait ; la fortune cruelle A juré que ma sœur léprouveroil fidèle. Le traitre Mégabise à tes coups échappé INous vend cher à tous deux le trait qui l'a frappé : Il a de nos complots fait avertir la reine , Et je sais que près délie en secret on 1 amené. Il ne nous reste plus, dans un si triste sort. D'autre espoir que celui d'illustrer notre mort. Mourons : mais, s'il se peut, avant qu'on nous opprime, Honorons mon trépas de plus d'une victime. Seul espoir dont mon cœur s'est trop entretenu , Imprudent ^'inias, qu'êtes-vous devenu.^

Bt A D AT E.

Seigneur, dès que le sort contre nous se déclare Que pourroit contre lui la vertu la plus rare.^ Et quel espoir encor peut vous être permis Dans ces perfides lieux à la reine soumis.? C est loin d'ici qu'il faut conjurer un orage Que prétendroit en vain braver votre courage.

Qui.? moi! qu'en fugitif j abandonne ces lieux î Mes ennemis y sont, et je ne cherche cpieux,

CKÉBlI.I,0^-. 2, i5

170 SÉMIRAMIS

Le ciel même dût-il m'accabler sous sa chute,

Mon cœur n'est pas de ceux que le péril rebute ;

Il n'a jamais formé que d'illustres desseins,

Et ma perte aujourd'hui n'est pas ce que je crains.

As-tu fait de ma part avertir Mermécide?

C'est de lui que j'attends un conseil moins timide.

Il vient : cours cependant informer Agénor

Qu'un moment sans témoins je veux le voir encer.

Je conçois un projet qui flatte ma vengeance,

Et rend à mon courroux sa plus chère espérance.

Page 1