‹ Œuvres de CrébillonChapitre 323 sur 502 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

SÉMIRAMIS, AGÉNOR, MERMÉCIDE.

SÉMIRAMIS

Que faites-vous , seigneur? et quel soin vous arrête, Lorsque mille périls menacent notre tête? Rabylone en fureur s'arme de toutes parts ; On a déjà chassé nos soldats des remparts ;

it)0 SE MI R AMI s.

De ce palais bientôt les mutius sont ks maîtres, Si ce bras triomphant n'en écarte les traîtres. Venez, seigneur, venez, accompagné de moi. Leur montrer leur vainqueur, mon époux, et leur roi. Eh quoi ! loin de voler où ma voix vous appelle , De nos périls communs négligeant la nouvelle, A peine vous daignez... Mais qui vois-je avec vous? Mon ennemi , seigneur, et le plus grand de tous ! Ah , traître I eniin le ciel te livre à ma vengeance.

A GÉNOR.

Daignez de ces transports calmer la violence. De quels crimes s'est donc noirci cet étranger, Pour forcer une reine à vouloir s'en venger?

SÉMIKâ.MIS.

De quels crimes, seigneur.^ le perfide ! le lâche! Mais en vain à la mort votre pitié l'arrache ; Le ciel même dùt-il s'armer en sa faveur, Kien ne peut le soustraire à ma juste fureur.

Je vous ai déjà dit que j'ignore son crime. Quel qu'il soit cependant, j'adopte la victime : Cet étranger m'est cher ; j'ose même aujourd'hui , Ici, comme de moi, vous répondre de lui. Dès mes plus jeunes ans je connois Mermécide.

SÉMIRAMIS

Vous n'ayez donc connu qu'un rebelle, un perfide ^ Tndigne de la vie et de votre pitié, Que, loin de dérober à mon inimitié, Vous devriez livrer vous-même à ma justice ; Ou m'en laisser du moins ordonner le supplice. Pour le priver, seigneur, d'uu si puissant secours, l-'aut-il vous dire enror qu'il y va de mes jours .'* Mais, ingrat, ce n'est pas ce qui vous intéresse. En vain je fais pour vous éclater ma tendresse. Ce généreux secours qu'on m'avoit tant promis Se termine à sauver mes plus grands ennemis.

Page 1