AG É 5 O H
Ma mère !
SÉMIRAMIS
Lui . mon fils ! grands dieux ! qn'ai-je entendu? Cher Agénor, hélas ! je vous ai donc perdu !
MEHMÉCIDF.
Heureuse bien plutôt qu'en cette horrible flamme
Un mystère plus long n'ait pCint nourri votre ame '.
Je n'ai laisse que trop Ninias dans l'errear ;
Je frémis des périls où j'ai livré son cœnr.
Eh ! qui pouvoit prévoir qu'une ardeur crimiaelie
Relégueroit au loin la nature infidèle?
Revenez tous les deux de votre étonnement;
Et vous , reine , encor plus de votre égarement.
Voilà ce Xinias , si digne de son père ,
Mais à qui les destins dévoient une autre œere.
:ri X I AS.
Mermécide, arrêtez : c'est ma mère ; et je venx
19» SEMIRAMIS
Qu'on la respecte autant qu'on respecte les dieux*
.le n'oublierai jamais que je lui dois la vie,
Et je ne prétends pas qu'aucun autre l'ouLlie.
SEMIRAMIS
Non , tu n'es point mon lils : en vain cet imposteur
Prétend de mon amour démentir la fureur;
Si tu l'étois, déjà la voix de la nature
Eût détruit de l'amour la première imposture.
Il n'est qu'un seul moyen de me montrer mon fils.
C'est par un prompt secours contre mes ennemis.
Qu'à mon courroux sa main prête son ministère,
Qu'il t'immole, à ce prix je deviendrai sa mère.
Mais je ne la suis pas; je n'en ressens du moins
Les entrailles, l'amour, les remords, ni les soins.
Cruel, pour me forcer à te céder l'empire,
Il suffisoit de ceux que mon amour m'inspire ;
Tu n'avois pas besoin d'emprunter contre lui
D'un redoutable nom l'incestueux appui.
Va te joindre à Bélus, cœur ingrat et perfide;
Reuds-toi digne de moi par un noir parricide;
Viens toi-même cbercher dans mon malheureux flans
Les traces de Niuus et le sceau de ton sang.
Mais, soit iils, soit amant, n'attends de moi, barbare.
Que les mêmes horreurs que ton cœur me prépare.
Comme fils, n'attends rien d'un cœur ambitieux;
Comme amant, encor «joins d'un amour furieux.
Je périrai , le front orné du diadème ;
Et , s'il faut le céder , tu périras toi-même.
Ingrat, je t'aime encore avec trop de fureur, -
Pour te sacrifier les transports de mou cœur.
Garde-toi cependant d'une amante outragée ;
Garde-toi d'une mère à ta perte engagée.
Adieu ; fuis sans tarder de ces funestes lieux ;
Respecte-s-y du moins mère, amante, ou les dieux.
Oui , je vais vous pi'ouver, par mon obéissance .