‹ Œuvres de CrébillonChapitre 326 sur 502 · SÉMIRAMIS, PHÉNICE · texte numérisé non relu

SÉMIRAMIS, PHÉNICE

SÉMIRAMIS

Ingrat, quels soins veux-tu que la nature inspire A ce cœur qui jamais n'en reconnut l'empire ? Ce cœur infortuné, que l'amour a séduit, A t'aim«r comme un fils fut-il jamais instruit? Un moment suffît-il pour éteindre une flamme Que le courroux du ciel irrite dans mou ame? Penses-tu qu'en un cœur si sensible à l'amour L'effort d'en triomjjher soit l'ou-rage d.'un jour? Parceque tu me hais, tu le trouves facile; Ta vertu contre moi te sert du moins d'asyle. Nature trop muette, et vous, dieux ennemis. Instruisez-moi dii moins à Tâimer comme un fils. Ou prètez-moi contre elle un secours favorable. Ou laissez-moi sans trouble une Mamme coupable. ÎNlais pourquoi m'alarraer de ce fils imposteur, Supposé par Béius , démenti par mon cœur? Quelle foi près de lui dojt trouver Mermécide? Puis-je en croire un moment un témoin si perfide Ninias ne vit plus ; un frivole souci...

P H É ?f I CE.

Mégabise en mourant n'a que trop'éciairci Ce doute malheureux où votre cœur se livre, Madame; Niuias n'a point cesse de vivre. Avez-vous oublié tout ce que de son sort Vient de vous révéler un fidèle rapport? Et quel funeste espoir peut vous Latter encore. Puisfju'enfin Ténesis est celle qu'il adore? cr.£Eîr.i,o>-, 2. 17

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Vous seule l'ignorez, lorsque toute la cour Retentit dçs long-temps du bruit de son amour. Loin d'en croire aux transports qui séduisent votre

ame , Dans ce péril pressant songez à vous , madauie,

SÉMIRAMIS

Qu'esperes-tu de moi dans l'état où je suis?

Détester mes forfaits est tout ce que je puis.

Tout en proie aux horreurs dont mon ame est troublée,

Je cède au coup affreux dont je suis accablée.

Je succomlie, Phénice, et mon cœur abattu

Contre tant de malheurs se trouve sans vertu.

Mais quoi ! seule à gémir de mon sort déplorable,

J'en laisserois jouir le cruel qui m'accable !

Mon sceptre et mon amour m'ont coûté trop d'horreurs ,

Pour n'y pas'ajoater de nouvelles fureurs.

Quelque destin pour eux que mon cœur ail à craindre.

Le vainqueur plus que moi sera peut-être à plaindre.

Non, je ne verrai point triompher Ténésis

Des malheurs où le sort réduit Sémiramis.

Sur l'objet que sans doute un ingrat me préfère.

Il faut que je me venge et d'un lils et d'un frère.

Elle est entre mes mains, et le iîdele Aibas,

Au gré de mon courroux, a juré son trépas.

Rentrons ; c'est dans le sang d'une indigne rival*

Qu'il faut que ma fureur désormais se signale.

Embrasons ce palais par mes soins élevé ;

Sa cendi^ est le tombeau qui m'étoit réservé.

C'est là que je prétends do sang de son amante

Offrir à Ninias la cendre encor fumante.

L'ingrat, qui croit peut-être insulter à mon sort,

Donnera malgré lui des larmes à ma mort.

¥in ou QUATRIEME ACTJE.

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