‹ Œuvres de CrébillonChapitre 328 sur 502 · NI NI A S, SÉMIRAMIS, P HÉ NI CE · texte numérisé non relu

NI NI A S, SÉMIRAMIS, P HÉ NI CE

SÉ3IIRAMIS,

Mais qu'est-ce que je vois?... Ahl courroux si terrible , Qu'à cet aspect si cber vous devenez flexible î Traître, que cberches-ta dans ces augustes lieux?

La mort, ou le seul bien qui me fut précieux. Ce que j'y cbercbe? hélas! j'y viens cbercher ma

mère ; T'y viens li\rer un fils à tonte sa colère.

SEMIRAMIS

Toi mon fils ! toi , cruel ! l'objet de ma fureur, Que je ne puis plus voir sans en frémir d'borretir ! Tandis que devant moi ton orgueil sbumilîe , •le vois que tu voudrois pouvoir ni'ôter la vie. Mais Ténésis retient un si noble courroux ; Incertain de son sort , on tremble devant nous ;

15S s EMIR AMI s.

On vient livrer un fils à toute ma colère ,

Tandis qu'au fond de l'ame on déteste sa mère.

Tu m'as plainte un moment , perfide ! mais ton cœur

S'est bientôt rebuté de ce soin imposteur.

Juge si je puis voir sans un excès de joie

Les douloureux transports où ton ame est en proie.

Regarde en quel état un déplorable amour

Réduit l'infortunée à qui tu dois le jour.

Prive-moi de celui qu'à regret je respire.

Ne t'en tiens point au soin de me ravir l'empire ;

Arrache-moi du ipoins aux horribles transports

Qui s'emparent de moi malgré tous mes efforts.

Quoiqu'il ne fût jamais mère plus malheureuse,

Mon sort doit peu toucher ton ame généreuse.

Dès que le crime seul cause tous nos malheurs,

On ne doit plus trouver de pitié dans les coeui's.

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