ACTE V, SCENE I Y
SÉM1RAM.1S.
Maître de l'univers, c'en est trop, levez-vous; Ce n'est pas au vainqueur à fléchir les genoux. Arbitre souverain de ce superbe empire.
Quels cœurs à vos souhaits ne doivent point souscrire?
Jugez si c'est à moi den retarder l'espoir. Puisque c'est le seul bien qui reste en mon pouvoir, Je vais, sans différer, contenter votre envie, Tous rendre Ténésis ; mais ce sera sans vie.
Ah ! si je le croyois...
.le brave ta fureur, Fils ingrat; mon supplice est au fond de mon c<rur. Menace, tonne, éclate, et m'arrache une vie Que déjà tant d horreurs m'ont à demi ravie. Ose de mon trépas rendre ces lieux témoins ; Te voilà dans l'état où je te crains le mcins. Tes soins et ta pitié me rendoient trop coupable , Et mon dessein n'est pas de te trouver aimable. Je fais ce que je puis pour exciter ta main A me plonger, barbare, un poignard dans le sein. Et qu'ai-je à perdre encore en ce moment funeste? La lumière du ciel , que mon ame détecte? La mort de mon époux, grâces à mes transports, Xest plus un attentat digne de mes remords. Et tu crois meffrayer par des menaces vaines 1 Cruel .' un seul regret vient accroitre mes peines, C est de ne pouvoir pas, au gre de ma fureur. Immoler à tes yetix l'objet de ton ardeur.
If I JV I AS.
O ciel : vit-on jamais dans le cœur d'une mère D'aussi coupables feux éclater sans mvstere? Dieux, qui l'aviez pré\-u, falloit-il en son flanc
200 SEMIRAMIS
Permettre que Ninus me formât de son sang? Que vous humiliez Torgueil de ma naissance !