MIRA ME, GARDES
N I îf T A s , à Bélxis.
Ah ! seigneur, est-ce vous? que de votre présence Mon cœur avoit besoin daus ces moments affreux î Qu'ils ont été pour moi tristes et rigoureux I Mais quoi ! sans Ténésis I
B ÉLU s,
La douleur qui me presse Annonce assez, mon fils, le sort de la princesse.
SEMIRAMIS, à part.
L'auroit-on immolée au gré de mes souhaits?
B É LU s.
Seigneur, j'ai vainement parcouru ce palais ; En vain dans ses détours ma voix s'est fait entendre ; De son triste destin je n'ai pu rien apprendre. C'en est fait; pour jamais vous perdez Ténésis. Mais, que vois-je? avec vous, seigneur, Séiniramisî Eh quoi ! cette inhumaine est eu votre puissance, Et ma fille et Ninus sont encor sans vengeance ! Sourd à la voix du sang qui s'élève eu ces lieux, Daus leur foible courroux, imitez-vous les dieux? Et toi dont la fureur désole ma famille. Barbare! réponds-moi, qu'as-tu fait de ma fille?
SEMIRAMIS
Ce que ton lâche cœur vouloit faire de moi. Et ce que je voudrois pouvoir faire de toi.