‹ Œuvres de CrébillonChapitre 371 sur 502 · P\RE.HUS, CYNÉAS · texte numérisé non relu

P\RE.HUS, CYNÉAS

Cvnéas , approchez ; Iheure fatale presse. Puis-je encore espérer de revoir la princesse.*' Sait-elle qu Héléaus doit se trouver ici."^

c Y y i Jl s.

Oui, seigneur, et bientôt vous l'y verrez aussi, .T'ai laissé la princesse avec JNéoptolème, Qui m'a paru frappé d'une surprise extrême, Lorsque je l'ai liatté de l'espoir d'une paix , Qu'il devoit regarder comme un de vos bienfaits. Au seul nom de Pyrrhus j'ai vu sa défiance Balancer ses désirs et son impatience, a Je douterois, dit-il, qu'on voulût le livrer, « Si d'antres qu'Helénus osoient m'en assurer ; -■ Mais des que ce héros souscrit à ma demande... »

Ami, c'en est assez; dites-lui qu'il m'attende.

52 PYRPlHUS.

SCKNE III.

PYRRHUS, seul.

Désirs impétueux que je ne puis dointer ,

Et qu'en vain mou devoir s'attache à surmonter,

Redoutables moments d'une trop cliere vue.

Que vous allez coûter à mon ame éperdue !

Pyrrhus, à quels transports oses-tu te livrer?

Est-ce l'amour ici qui doit t'en inspirer?

Néoptolème vit, et le sang d'Aeacide

S'enliamrae pour le sang d'un lâche parricide !

Mais pour lui mon amour eût ea vain combattu

Si de plus hauts desseins n'occupoient ma vertu.

Infortuné Pyrrhus, il est temps qu'elle éclate.

l>]on , de quelque valeur que l'univers te flatte ,

Quels que soient les exploits et tes honneurs passés ,

Illyrus en un jour les a tous elTacés ;

Et telle est aujourd'hui ta triste destinée ,

Qu'il faut que par toi seul elle soit terminée.

C'est vainement qu'au ciel tu comptes des aïeux.

Si ta propre vertu ne t'y place gvec eux.

Le sang^ d" Achille est beau ; mais l'honneur d'en

descendre Ne vaut pas désormais celui de le répandre : Un rival généreux qui s'immoloit pour toi T'en a tracé l'exemple et prononce la loi. Ah! que tant de grandeur me touche et m'iiumiiie ! Père et fils vertueux, que je vous porte envie ! Comment vous surpasser? Dieux , voilà des mortels Dignes de partager avec vous les autels , Non des barbares nés pour l'eflroi de la terre , Ces idoles de sang, fiers rivaux du tonnerre , Qui font de leur valeur un horrible métier, Et dont je n'ai que trop suivi Tafireux sentier.

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