‹ Œuvres de CrébillonChapitre 375 sur 502 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

éricie, à part.

Mais Giaucias paroît. Quel soin ici lappelle? Éclatez, vains transports de ma douleur mortelle , Et laissez dans mes pleurs lire un triste secret.

G L AU CI A s.

Princesse . un ennemi , qui ne lest quà regret ,

Et qui touche peut-être à son heure dernière,

()sera-t-il ici vous faire une prière ?

S'il fut long-temps l'objet de votre inimitié ,

Il ne doit plus, hélas! letre que de pitie ;

Les dieux viennent sur moi d'épuiser leur colère.

Je n'ai rien oublié pour fléchir votre père ;

Jlais le cruel qu'il est me redemande un bien

Que ma prtie protège, et qui n'est pas le mien :

11 veut i^vrrhus, il veut que je luj sacrifie

Le malheureux dépôt que le ciel me confie ;

Il veut, il mon honneur portant le coup moitel ,

Couvrir mes cheveux blancs d'un afiront éternel ,

Et plonger dans l'horreur le reste de ma vie.

Plaignez mon triste sort , généreuse Ericie ;

Vous êtes désormais mon unique recours ;

A des infortunés prêtez votre secours.

6o PYrvRHUS.

Je sais, daus les faveurs dont le ciel vous partage ,

Que la beauté n'est pas votre seul avantas^e,

lit que les dieux, sur vous épuisaut leurs bienfaits,

Oat de mille vertus enrichi vos attraits.

Mon cœur, près de vous voir unie a ma famille,

Vous prodiguoit déjà le tendre nom de fille ;

Mais, pnisque le destin me ravit la douceur

D'un bien qui meiit comblé de joie et de bonheur ,

Je veux traiter pour vous un plus noble byménée ,

De vous et de Pyrrhus unir la destinée.

Je sais que je ne puis former ces tristes nœuds

Sans outrager les lois, la nature , et les dieux;

Mais la paix ne veut pas un moindre sacrifice.

Rendez à cet hymen votre père propice :

S'il soupçonne ma foi, qu'il emmené Illyrus,

F.t confie à mes soins Éricie et Pyrrhus ;

Tous vous serez tous trois un mutuel otage.

IS'éoptolême aura l'Epire pour partage;

F.t je l'en laisserai paisible possesseur,

Poui-vu que votre époux ei) soit le successeur.

ÉRICIE.

Ah, seigneur! plût aux ditux et ponvi'un et pour

l'autre Que tous les cœurs ici fussent tels que le vôtre, Et sussent comme vous régler sur l'équité La vengeance des rois et leur avidité ! Qui ue seroit touche de Tétat déplorable Où vous rédnit le soin du sort d'un misérable ! Les dieux, tout grands qu'ils sout, en ont-ils autant

fait?

Qu'un père tel que vous est digne de regret ! .lugez à ma douleur si le cœur d'hricie A pu garder pour vous uce haine endurcie. Seigneur, tant de vertu trouve peu d'ennemis. Hélas 1 pour conserver Pyrrhus et votre liis Vous n'aviez pas besoin d'employer la prière :

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