ACTE IV, SCEXE VI. 6i
Que n'ai-je point déjà tente près de mon père ; Pi-ien ne peut désarmer sa haine et sa rigueur : Je ne vous dirai point quelle en est ma douleur. Mais Pyrrhus aujourd'hui m'a coûté plus de larmes Que le soin de sos jours ne vous causa dalarmes. Plùt au ciel que celui de nous unir tous deux Pût rendre à vos souhaits ce prince malheureux , Et que de notre hymen les funestes auspices Ne fussent point suivis de plus noirs sacrifices ! Adieu : puisse le ciel , attendri par mes pleurs , Les faire avec succès parler dans tous les cœurs ! Vous ne connoissez pas le plus inexorable. Mais si je n'obtiens point un aveu favorable. Seigneur, au même instant fuyez avec Pvrrhus, Et me laissez le soin du destin d'iUyrus ; Emparez-vous sur-tout d'un guerrier invincible, Dont rien ne peut dorater le courage inflexible. Que dis-je.^ où mon amour se va-t-il égarer !
G L A U CI A s.
O ciel! à quels malheurs faut-il me préparer.^ Dans l'état où m'a mis la fortune cruelle , En ai-je à redouter quelque atteinte nouvelle.'' Ah, madame I daignez ne me le point cacher, Si d'un infortuné le sort peut vous toucher. Vous avez vn mon fils ; je sais qu'il vous adore, Et j'ai cru près de vous le retrouver encore. .Te venoiç m'empareV d'un ingrat qui me fuit. Et que par-tout en vain ma tendresse poursuit. Ma vie à ce cruel devoit être assez chère Pour ne point l'arracher à son malheureux père ; Mais je vois qu'Hélénus ne s'éloigne de moi Que pour mieux me manquer de parole et de foi. Il a par ses serments surpris ma vigilance. Dissipé mes soupçons, et trompé la prudence D'un père en sa faveur toujours trop prévenu. Apprenez-moi du moins ce qu'il est devenu.
Cr.ÉBILLOX. 3. 6
«3 ^ PYRP.HUS.
Yeut-il nous perdre tous, ou se perdre lui-même?
iGrands dieux! faudra- 1 -il voir périr tout ce que
j'aime?
Madame, ayez pitié de l'état où je suis.
Ah ! que demandez-vous? et qu'est-ce que je puis? N'ajoutez rien vous-même an trouble qn'i m'agite. Les moments nous sont chers ; souffrez que je vous
quitte, jseie^ûeur, il n'est pas temps d'interroger mes pleurs, Lorsqu'il faut prévenir le plus grand des malheurs.