‹ Œuvres de CrébillonChapitre 392 sur 502 · TU LI.I E · texte numérisé non relu

TU LI.I E

Ah ! ce n'est qu'a vous seuls, grauds dieux ! que Je

m'adresse , Et non à des cruels qu'aucun remords ne prej'ie j Monstres, dont la fureur brave les immortels.. Et que le crime suit jusqu'au pied des autels ; Qui , tout baignés d'un sang qui demande vengeance y Osent des dieux vengeurs insulter la présence. Le sang de Nonius versé près de ces lieux Fume encore ; et voilà l'encens qu'on offre aux dieux ! La sacrilège main qui vient de le répandre N'attend pins qu'un flambeau pour mettre Rome r

cendre.

Ce n'est point Mitbridate, ennemi des Romains. Ni le Gaulois altier qui forme ces desseins ; Grands dieux.'c'est une main plus fatale et plus cherc. Qui menace à la fois la patrie et mon père ; Ces excès de fureur, inconnus à Sylla, N'étoient faits que pour toi, traître Catilina.

D'un reproche odieux réprimez la licence , Madame , ou contraignez vos soupçons au silence ; 8ongez pour violer le respect qui m'est dû Qu il faut auparavant que je sois convaincu; Qu'il faut l'être soi-même avant que d'oser croire La moindre lâcheté qui peut flétrir ma gloire ; Que l'amour est déchu de son autorité Dès qu'il veut de l'honneur blesser la dignité : Souvenez-vous enfln qu'un généreux courage l'ardonne à qui le hait, mais point à qui loutrage.

TULLI E.

Et qu'ai-je à redouter de ton inimitié.' Tu ne me verras point implorer ta pitié, Cruel I tu peux porter à la triste Tullie Tous les coups que ta main réserve à la patrie; Borne tes cruautés à déchirer un <œur

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