SCENE V
CATILINA,TULLIE,FULVIE déguisée en esclave.
c A Ti L I !f A , à part.
Que vois-je ? c'est Fulvie ] TcLLiE,/!^^ uU'ie.
Parlez ; je vous l'ordonne au nom de la patrie.
FULVIE
Qui } moi parler , madame ! à quel péril affreux
9© C-\1ILINA*
Exposez-vous ici les jours dun malheureux î D'uaRomain,quel qu'en soit le rang et la naissance, ij Je sais oombieu j e dois respecter la présence j j
De celui-ci sur-tout je redoute l'aspect.
T îj L L I E. i
Parlez , et dépouillez ce frivole respect : |
Un esclav* enhardi par le saint de Rome |i
Doit-il tant s'effrayer à l'aspect d'un seul homme ? f
Connoissez-vous celui qui paroît à vos yeux? ;
Répondez ; quel est-il? I
FULVIE. 1
C'est un séditieux ; Je ne connois que trop ce mortel redoutable, Et le plus grand de tous, s'il étoit moins coupable, i Oui, madame, c'est lui ; voilà le furieux ,|
Qui veut souiller de sang sa patrie et ses dieux , Égorger le sénat, immoler votre père, ^t la flamme à la main désoler Rome entière. CA.TILINA, feignant de ne pas reconnoitre Fidvie. j Quoi ! vous osez commettre un homme tel que moi Avec des malheureux si peu dignes de foi ! Et vous me réduisez à souffrir qu'un esclave, Au mépris de mon rang , me flétrisse et me brave I Ah! c'est pousser l'injure et laudace trop loin.