SCENE VII
C A T I L I :s A , scu/,
Qu'aurols-je à redouter dune femme infidèle ? Oa seront ses garants.^ et d'ailleurs que sait-elle ? Quelque» vagues projets dont l'imprudent Caton ]\ourrit depuis long-temps la peur de Cicéron; i i jjets abandonnés, mais dont ma politique
Par leur illusion trompe la république.
Sait de ce vaiu faatôine occuper le sénat, L'effrayer d'un faux bruit, ou d'nn assassinat. Et ne lui laisser voir que des mains meurtrières, Tandis qu'un grand dessein échappe à ses lumières. Maître de mes secrets j'ai pénétré les siens ; Et Lentulus lui-même ic^nore tous les miens : De cent mille Romains armés pour ma querelle Aucun ne se cbnnoit, tous combattront pour elle. De l'un des deux consuls je me suis assuré; Plus que moi contre l'autre Antoine est conjuré ; César ne doit qu'à moi sa dignité nouvelle, Et je sais qu'à ce prix il me sera fidèle. Toilà comme un consul qui pense tout prévoir Souvent pour mes desseins agit sans le savoir. L'Africain peu soumis, le Gaulois indomtable. Tout l'univers enfin las d'un joug qui l'accable "N'attend pour éclater que mes ordres secrets ; Et Cioéron n'est point instruit de mes projets. Ce n'est pas dans tes murs , Rome, que je m'arrête; Des cris du monde entier j'ai grossi la tempête: Mon cœur n'étoit point fait pour un simple parti Que le premier revers eût bientôt ralenti , .T'ai séduit tes vieillards ainsi que ta jeunesse, César, Sylla, Crassus, et toute ta noblesse. Mais il faut retourner à Probus qui m'attend : Ménageons avec lui ce précieux instant, Pour rendre sans effet le courroux de Tullie, Et pour mettre à prolli les fureurs de Fulvie. Soutiens, CatilJna , tes glorieux desseins : IMaitre de l'univers , si tu l'es des Romains, C est aujourd'hui qu'il faut que ton sort s'accomplisse, Que Rome à tes genoux tombe, ou qu'elle périsse.
FUT Dr rRT-MTER ACTE.