‹ Œuvres de CrébillonChapitre 4 sur 502 · MONSEIGNEUR LE DUC · texte numérisé non relu

MONSEIGNEUR LE DUC

JL oi qui , par mille exploits divei:s , Soutiens le poids d' un nom si fameux dans le monde , Héros, à tes bontés souffre que je réponde,

Et reçois l'offre de mes vers. .

Je méditois en vain de t'en faire Tliommage,

En vain je me létois promis ; .

Jamais ton nom sacré n'eût paré mon ouvrage,

Si toi-même ne l'eus permis.

Non; quel que soit pour toi le zèle qui me guide, Quel que fût de mes vers le prix ou le bonheur,

Grand prince, ma muse timide Ne te les eût offerts que dans le fond du cœur. Uu auteur vainement, sous le nom de prémices,

Croit son hommage en sûreté ;

Dans nos plus humbles sacrifices

On nous croit sans humilité.

C'est tendre à l'immortalité Que de paroilre au jour sous de si grands auspices ; C'est rendre enfin mes vers on suspects ou complices

D'une coupable vanité.

Heureux que ma muse indiscrète

N'ait point suivi sa toile ardeur, Et que , prête à livrer le héros au poète , Elle ait d'un front modeste épargné la pudeur ! Si , plus que toi peut-être , instruite de ta gloire , Rappelant des périls que tu ne craignis pas, Te les reprochant même au sein de la victoire. Ma muse t'apprenoit tout ce que fit ton bras...

Non , ne crains point que son audace,

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