‹ Œuvres de CrébillonChapitre 408 sur 502 · ACTE III, SCENE I. j · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE I. j

Intrépide, éclairé; d'autant plus redoutable Que de tous les mortels il est le plus aimable. Mais Catilina vient ; cber Contran , lais8e-nj>B§.

S C E ^ E II

CATILINA, SUNNON.

C A.TII,I m ±.

Je vous cberclie, Sunnon, et ]"ai besoin de vous. De nos desseins secrets la trame est découverte, Et je ne m'en crois pas plus voisin de ma perte. Le sénat éperdu, les chevaliers épars, Appellent à grand bruit le peuple au Champ de Mars ; De toutes parts enfin on murmure , on s'assemble : Mais, objet de leurs cris, ce n'est pas moi qui tremble. L'instant fatal approche ; et , loin d'en être cma , Je me sens transporté d'un plaisir inconnu. Je craignois les délais, ils sont toujours à craindre : Le feu des factions est facile à s'éteindre ; Ainsi l'on ne peut trop hâter l'événement. Sunnon, puis-je compter sur notre engagement.*

s tr w N o If.

La foi de mes pareils ne fut jamais frivole. .Te Sjuis Gaulois, ainsi fidèle à ma parole ; L'honneur est parmi nous le premier de uos dieux: JVIais vous savez quel joug on m'impose en ces lieux. Et d'un ambassadeur quel est le ministère ; Que je suis retenu par une loi sévère , Qui me défend d'armer de criminelles mains. Et d'oser les tremper dans le sang des Romains. D'ailleurs de vos projets j'ignore le mvsterc ; Je crains tout, sans savoir ce qu'il faut que j'espere<. Si vos desseins ne sont aussi justes que grands. Et si ce n'est pour nous que changer de tyrans. Si nos traités ne sont fondés sur la justice,

i«{J CAÏILINA.

Vous prétendez en vain qil'aucun nœud nous unisse. Notre unique vertu n'est pas notre valeur;' Nous aimons la justice autant que la candeur: Quoiqu'eufant de la guerre, allaité sous les tentes, Le Gaulois n'eut jamais que des mœurs innocentes. Si vous nous surpassez par votre urbanité, Nous l'emportons sur vous par notre intégrité; C'est à tous nos desseins l'honneur seul qui préside, Et de nos intérêts l'équité qui décide. Nos dieux, nos souverains, l'autorité des lois, La gjoire, le devoir, notre épée, et nos droits; Aussi prompts que vaillants, francs, et pleins de

noblesse.

Obéissants par choix, et soumis sans bassesse. Mais Rome cherche moins, dans ses vastes projets, A faire des amis, qu'à faire des sujets. Comnje nous ne voulons que le simple héritage Dont les temps et le sort firent notre partage , Voyez si, du sénat réprimant la fureur, Tous pouvaz des Gaulois être le protecteur. Peut-être en ce discours, ou trop iler, ou trop libre, .Ai-je peu ménagé la majesté du Tibre ; Mais, des que de mes soins notre sort dépendra, Je parlerois aux dieux comme à Catilina.

C A T I L I ÎT A.

Je ne condamne point un discours ma.^nauime,

Qu'un intérêt sacré doit rendre légitime ;

Mais je le blàmerois, Sunuon, si ma vertu

Ne vous iuspiroit pas un respect qui m'est dû.

.Te ne suis point surpris qu'uu ministre soupçonne

De trop d'ambition un projet qui l'étonue ,

Et que loin de vonloir èouiaeer l'univers

Je prétende au contraire appesantir ses fers.

Revenez cependant d'une erreur qui m'o'iease,

Et qui peut vous séduire à forcR de prudence.

Je suis chef, il est vrai , dun parti dangereux :

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