‹ Œuvres de CrébillonChapitre 409 sur 502 · ACTE III, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE II

Maïs vous ne devez pas me confondre avec eux ; Souvent pour s'assurer de leur obéissance Il faut laisser régner le crime et la licence ; Le choix des conji^rés est un choix hasardeux Qui ne veut pas toujours des hommes généreux. Le projet le plus gtaud , l'action la plus belle A quelquefois besoin d.une main criminelle. Si vous me regardez comme un ambitieux Que la soif de ré^j^ner a rendu furieux, Et qui ne veut user du flambeau de ]a guerre Que pour subjuguer Home, .et désoler la terre, Vous vous trçmpez, Sunnon. Considérez l'état Du sénat et des lois , du peuple et du soldat ; Trouvez enfin dans Hojne uu^seijl trait qui réponde A sou titre porapeu,\ de.pi^.itressc du monde ; Les pirates divers que Pompée a défaits Cacholent .dans leurs rochers cent fois moins de

forfaits: , .j j.,i..., ir.^ .

Mais je suis las de voir triompher l'injastice; Il est temps que mon bras s'arme pour leur supplice , Que j'immole à nos lois ce sénat orgueilleux, P«ur rendre l'uniyer? pt les Kpipains heureux. Voilà, mon cher Sunnon , le seul but où j'aspire, Non au funeste honneur de conquérir 1 empire ; Et comme j'ai toujours estimé les Crtiulois, Je mourrai, sUlJl.e faut, pour.défendreleurs droits. Mais ne présumez pas que de votre courage Dans ces murs malheureux je veuille faire usage j Les conjurés et moi, quel que soit le danger, Nous n'avons pas besoin d'u^i secours étranger; Au contraire je veux que , fuyant de la ville , Au camp de Manlius vous cherchiez un asyle : Mais, avant que la nuit vous éloigne de nous, Je vais vous expliquer ce que j'attends de vous. Tout semble me livrer une ville alarmée ; Mais loin de ses remj?a!t5 Rome a plus dune armée. cr.£Eii,i,ojr. 5. 10

iLo C ATI LIN A.

Que le sénat ici tombe sous mes efforts ; Ce n'est point accabler ce redoutable corps , Qui renaît de lui-même, et qui se multiplie Dans l'univers entier comme dans l'Italie ; Que je vaincrai souvent sans le rendre soumis, Et qui me cbercbera toujours des ennemis. Je veux, si les destins me sont peu favorables , Trouver dans les Gauloi^des amis secourables. Quelque retraite enfin dans un jour malbeureux ; De vous , de vos amis c'est tout ce que je veux.

s U îî N o îî.

Ab ! dès que votre bras s'arme pour la justice , Il n'est point de Gaulois qui ne vous obéisse ; Je vous réponds de tous.

Quels seront vos garants?

s u w N o N , lui présentant la main. Touchez dans cette main, ce sont là nos serments. Adieu, Catilina. Quelqu'un vient : c'est Tullie.

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