‹ Œuvres de CrébillonChapitre 429 sur 502 · TUI-LI E · texte numérisé non relu

TUI-LI E

Seigneur, où courez-vous, tandis que le carnage Au soldat furieux laisse à peine un passage?

Rassurez-vous, ma fille, et restez en ces lieux ; Bientôt nous reviendrons y rendre grâce aux dieux; Ce temple en attendant vous servira d'asile ; Que sur Rome et sur moi votre cœur soit tranquille.

S C E N ip; V. .

TULLIE, seule.

Espoir des malheureux, dieux, soyez mon recours! Hélas ! c'est de vous seuls que j'attends du secours. A quel excès de qiaux me voilà parvenue \ On me fuit, on se ta,it : ô sroupçon qiii me tuç ! Que je plains les malheurs dç ce fatal décrp^ ,

i3r> CATILIInA.

Que vdon. pepc a paru m'accorder à regret !

Loin d'oser sur ce choix lui faire violence ,

INe devois-je pas mieux pénétrer son sileuce?

J'entends avec fureur nommer Catilina ;

On dit qu'il se retranche au palais de Sylla , ^

Tandis qu'en d'autres lieux il auroit dû paroître]^

Est-ce là, s'il m'aimoit, que l'ingrat devroit être?

Peut-il m'abandonner en cette extrémité?

Quel usage fait-il de sa fidélité ?

Aucun de ses amis n'accourt pour ma défense ;

Et tous, jusqu'à Probus, évitent ma présence.

D'un funeste décret n'aurois-je armé sa main

Que pour voir immoler jusqu'au dernier PLomain?

Cruel Catilina, soit perfide ou fidèle,

Que tu coûtes de pleurs à ma douleur mortelle !

Que dis-je ? et Maulius qu'il a sacrifié

IVe l'at-il pas déjà plus que justifié?

Ne l'aimerai-je donc que pour lui faire outrage?

Dieux, éloignez de moi cet horrible uuage.

On vient: c'est lui. Je sens redoubler mon effroi.

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