‹ Œuvres de CrébillonChapitre 461 sur 502 · CICÉRO^% TULLIE, SEXTUS · texte numérisé non relu

CICÉRO^% TULLIE, SEXTUS

^j CI C £ ROX.

X1ériti£r des vertus du plus grand des Jiomains , Si digne de mémoire et deo honneurs divins , Adore dans la paix, redouté dans la guerre , Qui vit parer son cliar du globe de la terre , ^

Fils de Pompée enlin, à cet auguste nom Tous daignez allier celui de Ciceron.

Je ne vous ceindrai point le front d'un diadème ; Je n'ai plus de trésor que cet autre moi-même : O mon fils 1 puisse-t-il faire votre bonheur, Et vous être aussi cher qu'il le fut à mon cœur ! Et vous, unique bien que le destin me laisse, Délices de ma vie , espoir de ma vieillesse , Qui n'avez pluspourdotquemonameet mes pleurs, Puissiez-vous n'hériter jamais de mes malheurs! Je veux avant ma mort que ma main vous unisse ; J'ai piomisi à Sextus ce tendre sacrilîce : Mais après cet hvmen qui va combler nos vœux; Fuyez, éloignez- vous d'un père malheureux; Je uc veux plus vous voir dans une triste ville Où les morts même ont peine à trouver un asile. Approchez , mes enfants ; venez, embrassez- moi; Jurez-vous dans mon sein une constante foi ; De nos derniers adieux scellons une alliance

i:4 LE TRIUMVIRAT.

Que nous désirions tous avec impatience. (>ae vois-je? on se refuse à mes embrassements î

TU LLI E.

Qu'exigez-vous de nous daus ces cruels moments? Quoi ! lorsqu'avecbontévotreaœour nousassemble, Ne nous unissez-vous que pour mourir ensemble? Et comment sans frémir pouvez- vous ordonner A Sextus comme à moi de vous abandonner? Quel nouveau désespoir contre nous vous anime? De nos soins mutuels nous feriez-vous un crime? C'est vous-même, seigneur, qui dans ce triste jour Me faites malgré moi douter de votre amour. Quoi ! ce père, l'objet de toute ma tendresse , Qui me chercboit encor, quoiqu'il me vît sans cesse , Ce père qui sembloit ne vivre que pour moi , Ne pourra désormais me voir qu'avec effroi ! Quel transport imprévu de votre ame s'empare? Apprenez-vous d'Octave à devenir barbare ? La flotte de Sextus nous attend tous au port : Faites-vous sur vous-même un généreux effort ; C'eèt votre fille en pleurs, cette même Tullie Du père le plus tendre autrefois si cbérie, Qui, la mort dans le sein, vous demande à genoux De ne lui point ravir ce qu'elle tient de vous : Ma vie est dans vos mains , et ne tient qu'à la vôtre ; Daignez en ce moment nous suivre l'un et l'autre. Ce Uçu n'est point encore entouré de soldats Qui puissent observer ou retenir vos pas ; Nous pouvons en secret gagner les bords du Tibre : Mon père, suivez-nous, puisque vous êtes libre , Et que vous n'êtes pas au nombre des proscrits.

CICÉRON

Ah ! c'est moins par respect pour moi que par mépris; Ne pouvant m'effrayer, Antoine m'humJlit ; C'est pour flétrir mon nom que le cruel m'ocblie. Si SÎ4 main m'eût proscrit, l'aiiivers auroit su

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