‹ Œuvres de CrébillonChapitre 465 sur 502 · O C TAV E, SEXTUS, TULLIE · texte numérisé non relu

O C TAV E, SEXTUS, TULLIE

O CTjLV e.

Je cherchois Cicéron; je veux encor le voir.

Quoique sa dureté me laisse peu d'espoir.

Mais que fait près de vous ce Gaulois dont l'audace

i:8 LE TRIUMVIRAT.

Semble vouloir ici me disputer la place ?

TU LL I E

Quel rang près de Tullie auriez-\ous prétendu Pour croire qu'à tout autre il seroit défendu?

oc r AV E.

En des lieux où je crois pouvoir parler en maître , Sans mes ordres exprès ou ne doit point paroîtrc , Et sur-tout un Gaulois : qu'il retourne en son camp ; C'est parmi ses soldats qu'il trouvera son rang.

Depuis quand sommes-nous sous ton obéissance, Pour oser me parler avec tant d'arrogance ? Le sort de mes pareils ne dépend point de toi ; Je ne relevé ici que des dieux et de moi. Aux lois du grand César nous rendîmes hommage, JVlais ce ne fut jamais à titre d'esclavage : Comme de la valeur il conuoissoil le prix, Il estimoit en nous ce qui manque à son fils. Sans le fer des Gaulois le César qui me brave Eût vu borner sa gloire au simple nom d'Octave.

O C TAV E

Qu'entends-je ? holà , licteurs !

TULLIE

César , modere-toî ; Apprends que ce guerrier est ici sur ma foi , Sur celle des' Romains, dont tu n'es pas le maître, Malgré tous les projets que tu formes pour l'être. Si tu te plains de lui , pourquoi l'outrageois-tu ? Penses- tu n'outrager que des cœurs sans vertu.-* S'il te faut des garants, je réponds de la sienne ; Commence à nous donner des preuves de la ti«nne. Si de l'humanité tu méconuois la voix.

Des peuples alliés respecte au moins les droits ; Sois humain, généreux, et cesse de proscrire, Si tu veux sur les cœurs l'établir un empire. L'art de se faire aimer, et c«lui de régner ,

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