ACTE III, SCE^^E III. i-jçf
Sont deux arts que ton père auroit dû l'enseigner ; Mais eu vain tu prétends livrer à ta vengeance Lu guerrier qui n'est poiut soumis à ta puissance ; Jusqu'au dernier soupir je défendrai ses jours.
Ingrate, qui des miens voulez trancher le cours, Et de mes ennemis me rendre la victime , Tous justifiez trop le courroux qui m anime. Ce n'est pas d'aujourd'hui que cet audacieux , Qui veut ne relever que de vous et des dieux. Dans ses divers complots plus ardent que vousmême.
Brave des triumvirs l'aatorité suprême : Je sais qu'il a sauvé Messala, Métellus , Lucilius , Pison , les fils de Lentulus ; Mais, malgré son orgueil , je lui ferai connoltre Que je puis à mes lois Timmoler comme un traître.
En sauvant tes proscrits j'ai fait ce que j'ai dû: Ton père en pareil cas eût loué ma vertu ; Toi même, applaudissant à mes soins magnanimes, Tu devrois me louer de l'épargner des crimes. Et rougir, quand tu crois être au-dessus de moi. Qu'un Gaulois à tes yeux soit plus Romain que toi. "Viole nos traités, punis-moi d'aimer Rome, Et d'oser de nous deux être le plus grand homme.
O c TAV E.
Téméraire étranger, tu m'apprends mon devoir : £t ta mort...
Si ma roix est sur toi sans pouvoir , De ce rival des dieux interroge l'image ;
{Elle lui montre la statue de César.) Que sa clémence au moins devienne ton partage : Du grand nom de César si tp, veux hériter. Dans ses soins vertueux commence à l'imiter.
iRo LE TRIUMVIRAT.
Épargne ce guerrier, je demande sa vie ; Ose me refuser.
OCTAVE
Imprudente Tullie, Qui voulez de régner me donner des leçons , Que ne me donnez-vous de plus nobles soupçons? De la vertu du moins empruntez le langage. .Taurois trop à rougir d'eu dire davantage ; Mais je ne crois pouvoir mieux vous humilier Qu'en vous abandonnant le soin de ce guerrier ^ Qae je crois en effet plus digne de clémence Qu'il ne se croit encor digne de ma vengeance. Adieu.
[aux licteurs)
Vou? , suivez-moi.