‹ Œuvres de CrébillonChapitre 486 sur 502 · ACTE V, SCE^E II. aoi · texte numérisé non relu

ACTE V, SCE^E II. aoi

OCTAVE

Qu'entends-je?

MÉ CEKE.

Les discours d'un ami vertueux, Dont vous approuveriez le zèle impétueux , Si de quelque retour votre ame étoit capable ; Mais aux cris comme aux pleurs elle est impénétrable.

Vous ne serez que trop entouré de flatteurs , Et que trop inspiré par de vils délateurs ; C'est l'unique entretien où vous trouviez des charmes :

Je ne puis plus vous voir sans répandre des larmes. L'ami que j'avois cru digne d'être adoré , C'est le même par qui je suis déshonoré ; Tandis que c'est lui seul qui détruit, persécute, Ampleurs qu'il fait verser c'est moi qui suis en bute. "Vos soldats, rebutés de servir d'assassins, M'ont déjà reproché vos ordres inhuniains : On diroit qu'en effet voire cœur sanguinaire (i) Fait du sang des mortels sa substance ordinaire, Qu'il ne voit qu'à regret dus hommes innocents ; Car vous les croyez tous criminels ou raéchants; Et bientôt a vos yeux dans son sein déplorable Rome n'offrira plus qu'un gouffre abominable. Que vous achèverez de combler de forfaits ;

(i) Poursuivez» achevez de mettre Rome en ccD'lre; Mais de votre amitié je ne veux plus dépendre. Il faudroit a la fia partager vos forfaits ; Et, comme je suis las d^en sapporter le faix, Adieu.

Ces vers se trouvent dans le manuscrit de la comédie franrowe.

Mais comme je suis las d'en supporter le faix,

Adieu.

OCTAVE

Quoi ! c'est aiusi que Mécène me quitte ? D'où peut naître, dis-moi , le transport qui t'agite? Ah ! loin de redoubler mou trouble et ma terreur, De l'état où je suis adoucis la rigueur. Tu sais que des hier j ai cessé de proscrire. Antoine, qui jouit avecmoi de l'empire.

Pour me perdre d'honneur, par ses détours secret* Fait passer sous mou nom ses horribles décrets.

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