I D AM A >" T E
Ah ! plutôt, s'il se peut, demeurez en ces lieux. Où je vaisappaiser la colère des dieux. Madame, s'il est vrai qn"Erixene sensible Ait laissé désarmer sOn courroux inflexible^ Au nom. d'un tendre amour, conservez pour le roi Cette même pitié que vous marquez pour moi. Le coup cruel qui va trancher ma destinée Tombera moins sur moi que sur Idoraéuéè : Il n"a que trop souffert d'un devoir rigoureux.
82 lDO?,I£NÉE.
IS'accablez plus, luadame, un roi si malheureux...
Laissez-vous attendrir à ma juste prière ;
J'ose enfin implorer vos bontés pour mon père.
Ciel! qu'est-ce que j'entends? et que me dites-vous? Je sens, à ce nom seul, rallumer mon courroux. Lui ! votre père ! ô cie) ! après son vœu funeste , Gardez de proposer des nœuds que je déteste. Que jusque-là mon cœur portât l'égarement ! Qui? lui.'... le meurtrier d'un père, d'un amant! Ma haine contre lui sera toujours la même : Je l'abhorre... ou plutôt je sens que je vous aime... Où s égare mon cœur!... de ce que je me dois Quel oubli î mes remords ont étouffe ma voix... Quand je crois rejeter des nœuds illégitimes, Moncœur, au mèmeinstant, respire d'autres crimes. Qu'ai-je dit.^ quel secret osai-je révéler.^ Me reste-t-il encor la force de parler.^ Ah! seigneur, puisqu'enfin jen'ai pu m'en défendre, A d'éternels adieux vous devez vous attendre.
Que dites-vous ? ô ciel ! ainsi donc votre cœur Garde, même en aimant., sa première rigueur! Calmez de ce transport l'injuste violence. Totre amour est-il donc un reste de vengeance.'^ Faut-il en voir, helas l tous mes maux redoubler? Ne le déclarez-vous que pour m'en accabler? Ah! cruelle, du moins au moment qu'il éclate, Cessez de m'envier le bonheur qui me flatte.
É R I X E If E.
Si ce foible bonheur vous flatte , il vous séduit : Seigneur, de cet aven ma mort sera le fruit. Si je cède au transport où mon amour me livre, A ma gloire du moins je ne sais point survivre. Mon malheureux amour passe tous mes forfaits ; Je ne survivrai point à l'aveu que j'en fais.