‹ Œuvres de CrébillonChapitre 61 sur 502 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

IDOMÉNÉE, IDAMANTE, SOPHRO^NYME,

POLYCLEJE, GARDES.

Vous m'arrêtez en vain, je veux revoir mon fils. Portez ailleurs les soins d'une amitié cruelle ; Respectez les transports de ma douleur mortelle. Enfin je le revois... Je ne vous quitte pas : Les dieux auront en vain juré votre trépas ; Ils ordonnent en vain cet affreux sacrifice ; Ma main de leur fureur ne sera point complice.

I D A M A îf T E .

Ah ! seigneur, c'en est trop ; n'irritez plus les dieux ; Wattirez plus enliu la foudre dans ces lieux ; Venez sans murmurer sacrifier ma vie.

Vous ignorez les maux dont elle est poursuivie. Ah! si j.f vous suis cher, dune tendre amitié Je n'implore, seigneur, qu'un reste de pitié. Terminez les malheurs d'un fils qui vous en presse; Accomplissez enfin une auguste promesse.

De vos retardements voyez quel est le fruit: D'ailleurs, de votre vœu tout le peuple est instruit. Chaque instant de ma vie est au ciel un outrage; Acquittez-en ce vœu, puisqu'elle en fut le gage.

lUOMENÉE.

Inexorables dietix, par combien de détours Avez-vous de mes soins su traverser le cours I Que de votre courroux ia fatale puissance A bien su se jouer de ma vaine prudence ! Barbares, quand je meurs, qu'exigez-vous de moi .•* N'étoit-ce pas assez pour victime qu'un roi.*' Par un sang que versoit un repentir sincère Jt courois aux autels pïét à vous satisfaire.

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