‹ Œuvres de CrébillonChapitre 69 sur 502 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

ATRÉE, PLISTHENE, EURYSTHENE, ÏHESSANDRE, gardes.

A.TRÉE, bas, à Eurysthene.

Maïs Plisthene paroit. Songe que ma vengeance Renferme des secrets consacrés au^ilence.

( à Plisthene. ) Prince , cet heureux jour , mais si lent à mon gré , Presse enfin un départ trop long-temps différé. Tout semble en ce moment proscrire un infidèle; La mer mugit au loin, et le vent vous appelle: Le soldat , dont ce bruit a réveillé l'ardeur, Au seul nom de son chef, se croit déjà vainqueur. Il n'en attend pas moins de sa valeur suprême Que ce qu'en vit Elis , Rhodes , cette isle même ; Et moi , que ce héros ne sert point à demi. J'en attends encor plus que n'en craint l'ennemi. Je counois de ce chef la valeur et le zèle ; Je sais que je n'ai point de sujet plus fidèle. A.ajourd'hai cependant souffrez, sans murmurer,

i;,2 ATRÉE ET ÏHYESTE.

Que votre père encor cherche à s'en assurer. 1/affrout est grand, l'ardeur de s'en venger extrême ; .lurez-inoi donc, mon lils, par les dieux, par moimême , Si le destin pour nous se déclare jamais. Que vous me vengerez au gré de mes souhaits. Oui, je puis m'en flatter, jeconnois trop Plisthene; Plus ardent que moi-même, il servira ma haine : A peine mon courroux égale son grand cœur: Il vengera son père.

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