‹ Œuvres de CrébillonChapitre 72 sur 502 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

PLISTHENE, THESSAND'RE.

PLISTHENE.

Qu'ai-je fait, malheureux? quelle imprudence extrême !

Je ne sais quel effroi s'empare de mon cœur;

JNlais tout mon sang se glace, et je frémis d'horreur.

Dieux, que dans mes serments malgré moi j'intéresse.

Perdez le souvenir d'une indigne promesse-,

Ou recevez ici le sermeut que je fais ,

En dussé-je périr, de n'obéir jamais.

Mais pourquoi m'alarmer d'un serment si funeste?

Que peut craindre un grand rœur, quand sa vertu lui reste?

Athènes me répond d'un trépas glorieux.

Et j'y cours m'afiranchir d'un serment odieux.

Survivre aux maux cruels dont le destin m'accable.

Ce seroit, plus que lui, m'en rendre un jour coupable.

Hai, persécuté, chargé d'un crime affreux,

Dévore sans espoir d'un amour malheureux.

Malgré tant de mépris, que je chéris encore,

La mort est désormais le seul dieu que j'implore;

Trop heureux de pouvoir arracher en un jour

Ma gloire à mes serments, mon cœur à son amour!

THESSAWDRE.

Que dites-vous, seigneur? quoi! pour une inconnue.,,

PLISTHENE.

Peux-tu me condamner, Ihessandre? tu l'as vue: IS'on, jamais plus de gvace et plus de majesté IV'ont distingue les traits de la divinité. Sa beauté, tout enfin, jusqu'à son malheur même,

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