‹ Œuvres de CrébillonChapitre 87 sur 502 · ACTE II, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE V

T'apprendra si je sais comme on punit un crime. Je rends grâces au ciel qui te livre en mes mains : Sans doute que les dieux approuvent mes desseins, Puisqu'avec mes fureurs leurs soins d'intelligence T'amènent dans des lieux tout pleins de ma vengeance.

Perfide, tu mourras : oui, c'est fait de ton sort ; Tou nom seul en ces lieux est l'arrêt de ta mort, llien ne peut t'en sauver; la foudre est toute prête; .T'ai suspendu long-temps sa chute sur ta tête. Le temps, qui t'a sauvé d'un vainqueur irrité, A grossi tes forfaits par leur impunité.

TH YE s T E.

One tardes-tu, cruel, à remplir ta vengeance? AtteuJs-tu de Tbyeste une nouvelle offense? Si j'ai pu quelque temps te déguiser mon nom. Le soin de me venger en fut seul la raison. IN"c crois pas que la peur des fers ou du supplie» Ait à mon cœur tremblant dicté cet artilice : Aerope par ta main a vu trancher ses jours ; La même main des miens doit terminer le cours; Je n'en puis regretter la triste destinée. Précipite, inhumain, leur course infortunée. Et sois sur que contre eux l'attentat le plus noir N'égale point pour moi l'horreur de te revoir.

A TR É E

\ il rebut des mortels , il te sied bien encore De braver dans les fers un frère qui t'abhorre ! Holà ! gardes , à moi !

THÉoDAMiE, CL Atrée.

Que faites-vous, seigneur?

Dieux! sur qui va tomber votre injuste rigueur! ^e suivrez-vous jamais qu'une aveugle colère? Ah .' dans un malheureux reconnoissez un frère ; Que sur ses noirs projets votre cœur combattu Ecoute la nature, ou plutôt la vertu.

Iiainolez donc, seigneur, et le père et la fille ; Baignez-vous dans le saug d'une triste famille. Thyeste, par vous seul accablé de malheurs. Peut-il être un objet digne de vos fureurs?

ATRÉE

Vous prétendez en vain que mon cœur s'attendrisse. Qu'on lui donne la mort, gardes ; qu'on m'obéisse ; De son sang odieux qu'on épuise son flanc...

{bas, à. paît.) IMais non ; une autre main doit verser tout son sang,

( aux gardes. ) Oubliois-je... Arrêtez. Qu'on me cherche Plisthene.

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