ACTE II, SCENE V
SCE]NE V
ATRÉE, THYESTE, THÉODAMIE, LÉONIDE, ElRTSTKENE, gardes.
THÉoD.vMiE, à part.
Le voilà : je succombe , et me soutiens à peine. Dieux I cachez-le au tyran , ou ramenez Plisthene.
ATR £ E, h Thyesie.
Étranger malheureux, que le sort en courroux, Lassé de te poursuivre, a jeté parmi nous; Quel est ton nom , ton rang? quels humains t'ont vu naitrc?
T n Y E s TE.
Les Thraces.
ATRÉE
Et ton nom .-*
T H Y E il E.
Pourriez-vous le connoître ?
Philoclete.
ATRÉE
Ton rang ^
THYESTE
Noble, sans dignité, Et toujours le jouet du destin irrité.
ATRÉE
où s'adressoient tes pas.-* et de quelle contrée Revenoit ce vaisseau brisé près de l'Eubée?
THYESTE
De Sestos; et j'alîois à Delphes implorer
Le dieu dont les rayons daignent nous éclairer.
ATRÉE
Et tu vas de ces lieux... 7
THYESTE
Seignetir , c'est dans l'Asie
ii8 ATHÉE ET THTESTE.
Que je vais terminer ma déplorable vie, Espérant aujourd'hui que de votre bonté J'obtiendrai le secours que les flots m'ont ôté. Daignez...
ATR É E.
Quel son de voix a frappé mon orcîllc ! Quel transport tout-à-coup dans mon cœur se révci llel D'où naissent à la fois des troubles si puissants? Quelle soudaine horreur s'empare de mes sens ! Toi, qui poursuis le crime avec un soin extrême. Ciel, rends vrais mes soupçons, et que ce soit luimême !
Je ne me trompe point, j'ai reconnu sa voix ; Voilà ses traits encore : ah ! c'est lui que je vois : Tout ce déguiseruent n'est qu'une adresse vaine ; .Te le reconuoitrois seulement à ma haine : Il fait pour se cacher des efforts superflus ; C'est Thyeste lui-même, et je n'en doute plus,
Moi Thyeste , seigneur !
ATR É E.
Oui , toi-même , perfide !
•Te ne le sens que trop au transport qui me guidcjj Et je hais trop l'objet qui paroît à mes yeux Pour que tu uc sois point ce Thyeste odieux. Tu iaJs bien de nier un nom si méprisable : En est-il sous le ciel un qui soit plus coupable ?
THYESTE
Eh bien ! reconnois-moi ; je suis ce que tu veux , Ce Thyeste ennemi , ce frère malheureux. Quand même tes soupçons et ta haine funeste IN'eussent point découvert l'infortuné Thyeste, Peut-être que la mienne, esclave malgré moi. Aux dépens de mes jours m'eût découvert à toi.
Ah , traître ! c'en est trop ; le courroux qui m'aoim*