ACTE III, SCENE V. u
Seigueur, soit amitié, soit raison, qui m'inspire, Tout m'est cher d'un héros que l'univers admire. Que ne puii-je exprimer ce que je sens pour vous î rson, lamitie n'a point de sentiments si doux.
PLISTHE>'E,
Ah ! si je vous suis cher, que mon respect extrême ^M'acquitte bien , seigneur, de ce Louheur suprême ! On n'aima jamais plus ; le ciel m'en est témoin ; A peine la nature iroit-elle aussi loiu : El ma tendre amitié, par vos maux consacrée, A semblé redoubler par les rigueurs d'Atrée. Tous m'aimez; le ciel sait si je puis vous haïr, Ce qu'il m'en coùteroit s'il falloit obéir.
TH Y E s T E.
Seigneur, que dites-vous ? qui fait couler vos larmes ? Que tont ce que je vois Jait renaître d'alarmes ! Vous soupirez ; la mort est peinte dans vos veux ; Vos regards attendris se tournent vers les cieux : Quel malheur si terrible a pu troubler Plisthene? Jusqu'au fond de mon cœur je ressens votre peine. Voulez- vous dérober ce secret à ma foi? Quand je suis tout à vous, n'êtes-vous point à moi ? Cher prince, ignorez-vous à quel point je vous aime? Ma fille ne m'esl pas plus chère que vous-même.
PLISTHEXE.
laut-il la voir périr dans ces funestes lieux?
Quel étrange discours ; cher prince , au nom de»
dif ux , Au nom d'une amitié si sincère et si tendre, L-a!gnez m'en éclaircir.
PLISTHEXE.
Ahl dois-;e vous l'apprendre?
Mais , diit tomber sur moi le plus affreux courroux, ?e ne puis plus trahir ce que je sens pour vous.
f3a ATRÉE ET THYE8TE.
Fnvez, seigneur, fuyez.
T H Y E s TE.
Quel est donc ce mystère , Cher prince ? et q^u'ai-je encore à craindre de mou trere ?