‹ Œuvres de d'Aguesseau (volume 2)Chapitre 20 sur 46 · ÉTUDE DES BELLES-LETTRES · texte numérisé non relu

ÉTUDE DES BELLES-LETTRES

l'autre. Un savant dont la tête est remplie des préceptes de la rhétorique, de la poétique, ou de l'art historique, et qui ne juge du mérite des auteurs que par l'application méthodique des règles spéculatives, est souvent sujet à se tromper; et un ouvrage froid dans lequel cependant toutes les lois de l'art auront été exactement observées, pourra quelquefois lui paraître plus estimable qu'une pièce moins régulière, mais où la nature l'emporte sur l'art, qui a ses imperfections et ses irrégularités, mais tellement compensées ou plutôt effacées par la noblesse des pensées , la grandeur du sentiment et le sublime de l'auteur, qu'on peut dire que ces fautes contre les règles de la composition sont comme absorbées dans sa gloire.

SUR l'étude et les exercices qui peuvent préparer aux

Un jeune homme qui se destine à remplir bientôt la charge d'avocat du roi au Châtelet , et qui désire encore plus d'y réussir, doit s'y préparer en deux manières différentes ; je veux dire par l'étude, et par une espèce de pratique ou d'exercice anticipé, comme je l'expliquerai dans la suite : l'un sans l'autre ne l'y disposerait qu'imparfaitement.

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